Le C@rnet du terroir
Cahier patrimoine
 
Avril 2009
 
" C'est ici, de la gare de Mauron, que ces hommes ont été déportés " 
 
Samedi 25 avril,  à eu lieu la cérémonie commémorative de la déportation dans les camps nazis des quarante-trois personnes arrêtées pendant la rafle de Guilliers en janvier 1944. En leur mémoire, une stèle a été édifiée.
 
 
Vingt-cinq de ces otages ne sont pas revenus ; 
ces personnes sont mortes en déportation.
 
 
Discours officiel prononcé lors de la cérémonie de samedi par Christian Perrocheau, président de la communauté de communes de Mauron en Brocéliande.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Extrait de la déliberation du conseil municipal.
 
Séance du 3 septembre 2008
" Projet d’une plaque à la Gare : hommage aux victimes mauronnaises de la rafle de Guilliers /
M. le Maire informe que l'association de généalogie  Cegenceb émettait le souhait de voir, à Mauron, la réalisation d'une stèle dédiée aux Soldats Morts pour la France. Quarante cinq hommes ont été embarqués à la Gare de Mauron. L'année 2009 est celle du 65 e anniversaire de la déportation.
Le Conseil Municipal, à l'unanimité, décide d'émettre un avis favorable sur le mise en place d'une plaque en hommage aux déportés du 25 janvier 1944 dont l'emplacement sera à déterminer (Gare, ou tout autre support en fonctionnement des aménagements)." Lire ...
 
 
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D'autres témoignages de cet événement tragiques ont été collectés :
 
Le18 janvier 1944 un soldat allemand abattu d'un à coups de revolver est découvert dans une rue du bourg de Guilliers. La réaction de l'occupant ne se fait pas attendre: le 20 janvier 1944, une grande rafle, organisée sur les communes de Guilliers, Evriguet, Mauron, Loyat, Mohon et Brignac, rassemble dans la cour de l'école publique de Guilliers près de 500 personnes.
Les Allemands retiennent pour la déportation 43 hommes , de préférence jeunes et pris au hasard. les autres sont relâchés. de ces malheureux, dirigés d'abord sur Compiègne et ensuite Mauthausen et Dachau, 25 ne reverront plus leur pays. Le responsable de ce drame avait pris soin de se cacher et de garder toute sa discrétion. - Il avait 19 ans et habitait Saint-Brieuc-.
 

Document publié par la municipalité de Guilliers lors du 60 ème anniversaire
"Les Allemands occupaient Guilliers, réquisitionnaient Les écoles et d'autres bâtiments. Le 18 janvier, une réquisition de chevaux a lieu à Guilliers. Le soir ou dans la nuit, un soldat allemand a été tué et retrouvé dans la rue du 20 janvier qui n'était à l'époque qu'une servitude piétonne.. le 19 janvier, on s'attendait à des représailles. Les hommes les plus jeunes avaient commencé à se cacher et à fuir. Au matin du 20 janvier, les Allemands ont amené de la troupe et cerné Guilliers, au niveau de Loyat, Mohon, Evriguet, St-Brieuc-de-Mauron, le Bois de la Roche et ramenaient tous les hommes valides qu'ils trouvaient dans la cour de l'école laïque de Guilliers, nous présentaient à deux officiers de la Feldgendarmerie qui nous indiquaient le groupe o^l'on devait se mettre. le plus petit groupe était destiné à être exécuté car une mitrailleuse était braquée sur nous avec un soldat au pied qui n'attendait que les ordres pour tirer. le temps a été très long et angoissant, jusqu'au moment où on appris qu'il y avait un sursis à l'exécution, qu'on serait emmenés à 10 kilomètres de là mais on ne savait pas où (à signaler qu'ils ont ont emmenés les plus jeunes).
Cinq cent personnes furent arrêtés et parquées dans la cour de l'école publique de Guilliers.. Cinquante parmi les plus jeunes sont choisis et emmenés sous escorte à pied dans une salle de l'école publique de Mauron. où nous sommes restés trois jours avec un peu de ravitaillement.

Puis ce fut l'embarquement à la gare de Mauron pour Rennes dans des wagons à voyageurs, puis direction à Compiègne-Royallieu. Les soldats qui nous escortaient ne savaient pas où étaient le camp et nous mirent du temps à arriver. Nous restâmes deux mois à fabriquer des paillassons. Nous n'avons pas été maltraités à Compiègne.
Ensuite nous avons été embarqués pour l'Allemagne.

Nous étions entassés à 100 par wagon à bestiaux avec un bidon pour les besoins et une botte de paille. Nous n'avions ni à boire ni à manger: ceux qui tombaient ne pouvaient plus se relever. certains ont essayé d'ouvrir le wagon et y sont parvenus, mais les soldats allemands surveillaient y compris la nuit, avec de puissants projecteurs.. Lorsqu'ils ont constaté les premières évasions, ils ont fait stopper le convoi et vérifier tous les wagons. Quand ils ont vu notre wagon ouvert, ils nous ont fait déshabiller entièrement et fait remonter dans le wagon dans la tenue d'Adam.
Ce voyage a duré environ trois jours et deux nuits. On avait faim, froid et on devenait fou là dedans.
Arrivés à Mauthausen, nous avons pu récupérer des vêtements mais pas forcément les nôtres: le curé avec le képi et le gendarme sans uniforme. puis il a fallu courir pour arriver au camp. A l'entrée, un répit a permis de se rhabiller. mais ce ne fut pas long car nous avons dû de nouveau nous déshabiller pour la douche froide; puis on nous a rasé et barbouillé de désinfectant. Nous sommes ressortis nus dans le froid. Nous avons endosser notre uniforme de bagnard: le bonnet, le pantalon et la veste rayée, des chaussures composées d'un plaque de bois et d'une lanière de cuir avec des chiffons.

Ce fut alors le début de l'enfer!
Tout d'abord, il y a eu la quarantaine: pour nous dresser à coups de cravache, apprendre à obéir aux ordres, connaître son numéro matricule en allemand, car nous n'étions plus que des numéros matricule.
On pouvait parfois rester des heures debout, sans bouger sur un sol mal pavé, ce qui rendait encore plus difficile la position et malheur à celui qui n'était pas droit ou qui tombait.
Ensuite, nous avons été répartis dans différents commandos de travaux forcés avec pour seule nourriture 250 grammes de pain et une louche de rutabagas pour 12 heures de travail par jour. Tous les déplacements se faisaient à pied sous la garde des SS, mitraillettes chargées et accompagnés de chiens.
 
Extraits de témoignage:
"Cette image-là est celle qu'on ne peut oublier de toute sa vie". dans la cours de l'école publique de Guilliers où il fut retenu comme otage avant de partir en déportation., Jean Thébault monte son doigt en direction de la mitrailleuse allemande qui les tenait en joue, lui et ses compagnons d'infortune. "J'avais les yeux fixés sur le canon. On savait que pour un Allemand tué, c'était cinquante civils exécutés."
Finalement gendarmerie et Préfecture parviendront à obtenir des Allemands, un sursis. " on a attendu jusque trois ou quatre heures de l'après-midi de jeudi puis un officier nous a dit qu'on allait à dix kilomètres de là. On est parti vers Mauron, sans rien. Là-bas on est resté trois nuits. en nous voyant, un officier allemand de la Croix-Rouge nous a dit que c'était la plus mauvaise journée de sa vie de soldat."Vous allez partir demain en train pour Compiègne. Vos gardiens durant le voyage sont de vieux soldats, vous ne serez pas maltraités" nous a-t-il dit. "
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