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D'autres témoignages de
cet événement tragiques ont été collectés :
Le18
janvier 1944 un soldat allemand abattu d'un à coups de revolver est découvert
dans une rue du bourg de Guilliers. La réaction de l'occupant ne se fait pas
attendre: le 20 janvier 1944, une grande rafle, organisée sur les communes de
Guilliers, Evriguet, Mauron, Loyat, Mohon et Brignac, rassemble dans la cour de
l'école publique de Guilliers près de 500 personnes. Les Allemands retiennent
pour la déportation 43 hommes , de préférence jeunes et pris au hasard. les
autres sont relâchés. de ces malheureux, dirigés d'abord sur Compiègne et
ensuite Mauthausen et Dachau, 25 ne reverront plus leur pays. Le responsable de
ce drame avait pris soin de se cacher et de garder toute sa discrétion. - Il
avait 19 ans et habitait Saint-Brieuc-.
Document publié par la municipalité de Guilliers lors du 60 ème
anniversaire
"Les
Allemands occupaient Guilliers, réquisitionnaient Les écoles et d'autres
bâtiments. Le 18 janvier, une réquisition de chevaux a lieu à Guilliers. Le soir
ou dans la nuit, un soldat allemand a été tué et retrouvé dans la rue du 20
janvier qui n'était à l'époque qu'une servitude piétonne.. le 19 janvier, on
s'attendait à des représailles. Les hommes les plus jeunes avaient commencé à se
cacher et à fuir. Au matin du 20 janvier, les Allemands ont amené de la troupe
et cerné Guilliers, au niveau de Loyat, Mohon, Evriguet, St-Brieuc-de-Mauron, le
Bois de la Roche et ramenaient tous les hommes valides qu'ils trouvaient dans la
cour de l'école laïque de Guilliers, nous présentaient à deux officiers de la
Feldgendarmerie qui nous indiquaient le groupe o^l'on devait se mettre. le plus
petit groupe était destiné à être exécuté car une mitrailleuse était braquée sur
nous avec un soldat au pied qui n'attendait que les ordres pour tirer. le temps
a été très long et angoissant, jusqu'au moment où on appris qu'il y avait un
sursis à l'exécution, qu'on serait emmenés à 10 kilomètres de là mais on ne
savait pas où (à signaler qu'ils ont ont emmenés les plus jeunes). Cinq cent
personnes furent arrêtés et parquées dans la cour de l'école publique de
Guilliers.. Cinquante parmi les plus jeunes sont choisis et emmenés sous escorte
à pied dans une salle de l'école publique de Mauron. où nous sommes restés trois
jours avec un peu de ravitaillement.
Puis ce fut l'embarquement à la gare de Mauron pour
Rennes dans des wagons à voyageurs, puis direction à Compiègne-Royallieu. Les
soldats qui nous escortaient ne savaient pas où étaient le camp et nous mirent
du temps à arriver. Nous restâmes deux mois à fabriquer des paillassons. Nous
n'avons pas été maltraités à Compiègne. Ensuite nous avons été embarqués pour
l'Allemagne.
Nous étions entassés à 100 par wagon à bestiaux avec un
bidon pour les besoins et une botte de paille. Nous n'avions ni à boire ni à
manger: ceux qui tombaient ne pouvaient plus se relever. certains ont essayé
d'ouvrir le wagon et y sont parvenus, mais les soldats allemands surveillaient y
compris la nuit, avec de puissants projecteurs.. Lorsqu'ils ont constaté les
premières évasions, ils ont fait stopper le convoi et vérifier tous les wagons.
Quand ils ont vu notre wagon ouvert, ils nous ont fait déshabiller entièrement
et fait remonter dans le wagon dans la tenue d'Adam. Ce voyage a duré environ
trois jours et deux nuits. On avait faim, froid et on devenait fou là
dedans. Arrivés à Mauthausen, nous avons pu récupérer des vêtements mais pas
forcément les nôtres: le curé avec le képi et le gendarme sans uniforme. puis il
a fallu courir pour arriver au camp. A l'entrée, un répit a permis de se
rhabiller. mais ce ne fut pas long car nous avons dû de nouveau nous déshabiller
pour la douche froide; puis on nous a rasé et barbouillé de désinfectant. Nous
sommes ressortis nus dans le froid. Nous avons endosser notre uniforme de
bagnard: le bonnet, le pantalon et la veste rayée, des chaussures composées d'un
plaque de bois et d'une lanière de cuir avec des chiffons.
Ce fut alors le début de l'enfer! Tout d'abord, il y a
eu la quarantaine: pour nous dresser à coups de cravache, apprendre à obéir aux
ordres, connaître son numéro matricule en allemand, car nous n'étions plus que
des numéros matricule. On pouvait parfois rester des heures debout, sans
bouger sur un sol mal pavé, ce qui rendait encore plus difficile la position et
malheur à celui qui n'était pas droit ou qui tombait. Ensuite, nous avons été
répartis dans différents commandos de travaux forcés avec pour seule nourriture
250 grammes de pain et une louche de rutabagas pour 12 heures de travail par
jour. Tous les déplacements se faisaient à pied sous la garde des SS,
mitraillettes chargées et accompagnés de chiens.
Extraits de témoignage: "Cette image-là est celle qu'on ne
peut oublier de toute sa vie". dans la cours de l'école publique de Guilliers où
il fut retenu comme otage avant de partir en déportation., Jean Thébault monte
son doigt en direction de la mitrailleuse allemande qui les tenait en joue, lui
et ses compagnons d'infortune. "J'avais les yeux fixés sur le canon. On savait
que pour un Allemand tué, c'était cinquante civils exécutés." Finalement
gendarmerie et Préfecture parviendront à obtenir des Allemands, un sursis. " on
a attendu jusque trois ou quatre heures de l'après-midi de jeudi puis un
officier nous a dit qu'on allait à dix kilomètres de là. On est parti vers
Mauron, sans rien. Là-bas on est resté trois nuits. en nous voyant, un officier
allemand de la Croix-Rouge nous a dit que c'était la plus mauvaise journée de sa
vie de soldat."Vous allez partir demain en train pour Compiègne. Vos gardiens
durant le voyage sont de vieux soldats, vous ne serez pas maltraités" nous
a-t-il dit. " Lire...
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