|
" Je viens d'arriver. J'ai laissé le camion à côté du rond point vu
que la route n'est pas large et elle est bloquée " explique un transporteur venu mardi matin devant la
plate-forme de Gaël. " On ne vous a pas prévenu que c'est bloqué ? Ils ont affirmé
qu'ils l'avaient dit à tous les transporteurs. " " Non, pas moi, je ne
savais rien. "
Le dialogue entre les
agriculteurs regroupés à quelque mètres de la grille d'entrée sur la
plate-forme Easydis à Gaël et le chauffeur continue. " Et
vous transportez quelle marchandise ? "
" Des packs de lessive. "
" Allez tout de
même leur dire que vous êtes venu. "
Cordial échange d'informations,
puis chacun retourne à sa tâche. Noble tâche pour tous ? Oui, les
agriculteurs demandent la reconnaissance de leur travail par une
rémunération juste. Certes leurs actions font tache d'huile.
Les 300 personnes employées sur la plate-forme de Gaël sont
au chômage technique à cause du blocage qui a débuté la nuit de dimanche.
Cette plate-forme ne ferme pas " en temps normal le trafic est de 200 à 250 camions par 24h. Ce
sont les transporteurs de tout le Grand Ouest : de la Picardie à la
Vendée. Plus les transporteurs qui approvisionnent quelques magasins aussi
dans la région parisienne. "
Avec le blocage, la situation
est catastrophique pour toutes les plates-formes. Le chômage technique touche
non seulement leurs employés mais aussi les sous-traitants, comme les
transporteurs, sociétés de gardiennage, nettoyage, les employés de la grande
distribution ( si les blocages continuent) .
" Normalement, on
est plusieurs à travailler ici. Une personne pour la réception, une autre pour
l'expédition, plus le standard. Ce mardi, je suis tout seul, enfin un gardien
supplémentaire est présent aussi " confie un employé du service de
gardiennage d'une plate-forme de la grande distribution.
Cette nuit, les forces de
l'ordre ont essayé dans plusieurs lieux de blocage d'évacuer les
occupants. Les agriculteurs quittent un endroit pour se rendre ailleurs
car les cibles de leur colère : les supermarchés, les centrales de distributions
et les plates-formes ne manquent pas. Il est peut-être temps malgré la
"gueule de bois " après les élections de recommencer les
négociations ?
|