Le C@rnet du Terroir
Cahier société
 
Juin 2009
 
Négociations avec les agriculteurs : on tourne autour du pot
 
Pourquoi seuls les syndicats proches de gouvernement ont le droit de faire valoir leurs droits ? 
Pourquoi les alertes d'Apli ne sont pas prises en compte ? Est-ce parce que ce groupement des agriculteurs n'est pas suffisamment proche de l'État pour que celui -ci puisse le manier à sa guise.
 
 
Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, s'est engagé samedi 13 juin auprès des deux syndicats d'agriculteurs FNSEA et JA :
sur la création des brigades de contrôles des prix sur les produits agricoles, ( composée d'inspecteurs et contrôleurs de la Direction générale de la concurrence et de la consommation - DGCCRF)
et sur l'application de la loi dite Loi de modernisation de l'économie ou LME.
Un nouveau rendez-vous est fixé mercredi prochain avec la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. Les producteurs, les transformateurs et la grande distribution y sont invités.
 
Seuls ces deux syndicats FNSEA et JA ( syndicat des jeunes agriculteurs de moins de 35 ans, regroupant quelque 50 000 adhérents, branche de la FNSEA) étaient invités à rencontrer Michel Barnier.
 
 
Et pourtant
La Confédération paysanne, ( second grand syndicat français après la FNSEA)  a été présente aussi sur le terrain. Pour eux , "les grandes surfaces ne sont ni la cause ni la solution" au problème du lait. Mais les blocages ont été un moyen pour la FNSEA "de garder la main sur le milieu agricole en faisant oublier sa responsabilité dans la signature de cet accord". ( Il est question de l'accord sur le prix du lait du 3 juin. )

A savoir que la Confédération paysanne n'a pas participé aux négociations du 3 juin dernier avec les industriels puisque seule la FNSEA (fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), via sa branche spécialisée, la fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), est habilitée à représenter les producteurs.
 
 
Pour un autre groupement des agriculteurs : l'association des Agriculteurs et producteurs de lait indépendants ( Apli ) la situation est clair et ce depuis novembre 2008 "  nous avions alerté, par notre mouvement de grève du lait symbolique, l'ensemble de cette filière sur les risques encourus, si rien n'était entrepris en décembre. ( ... )  le prix du lait est indexé sur le prix allemand et sur les produits industriels. Ces deux indices étant au plus bas, ils connaissaient les conséquences directes qui nous étouffent aujourd'hui. De plus, le marché du lait étant européen, on peut concevoir que les industriels français, dans un souci de compétitivité, tendent à se rapprocher des prix payés en Europe du Nord. "
Bref, pour Apli le problème du prix du lait peut être réglé qu'au niveau de l'Europe.

 
La mobilisation nationale a été annoncée officiellement par la FNSEA jeudi 11 juin. Les médias ont commencé à en parler massivement seulement à partir de ce jour, mais les agriculteurs étaient engagés fortement depuis déjà plusieurs jours.

 
Qui décident de l'information ?
Pourquoi seuls les syndicats proches de gouvernement ont le droit de faire valoir leurs droits ? 
Pourquoi les alertes d'Apli ne sont pas prises en compte ? Est-ce parce que ce groupement des agriculteurs n'est pas suffisamment proche de l'État pour que celui -ci puisse le manier à sa guise.
Les blocages qui ont eu lieu ces derniers jours sont-ils seulement dus aux revendications sur les marges des produits agricoles ? 
 
Ou, une fois de plus c'est une histoire politisée. N'oublions pas que Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, pour le moment, a été élu au Parlement européen.
Que La FNSEA a décidé de se joindre à une manifestation du groupement des syndicats agricoles européens (Copa-Cogeca) prévue le 22 juin à Luxembourg.
Et que l'Apli doit rejoindre European Milk Board pour une grève européenne du lait. 
 
 
Michel Barnier, défend-t-il les intérêts des agriculteurs ?  
 
( Cliquez sur l'image pour voir le reportage )
 
 
 
 
 
 
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