Le C@rnet du Terroir
Cahier patrimoine
 
Août 2009
 
Un après-midi de fin d'été sur l'hippodrome de Vélizées à Mauron 
 
Une nouvelle agitation se faisait sentir dans la foule installée sur les talus de l'hippodrome. Le Prix de Brocéliande se terminait et les parieurs allaient voir les résultats.
Nous étions dimanche 23 août 2009, la 97e année des courses hippiques à Mauron
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" Je vous ai cherché. Vous avez un peu de temps ? " a lancé Henri Chartier à peine arrivé devant le docteur de Joux. Arrêtés au centre de l'hippodrome de Mauron, ils ont échangé quelques politesses. Nous étions dimanche 23 août 2009, la 97e année des  courses hippiques à Mauron.

Dans le dos d'Henri, les spectateurs venus très nombreux, applaudissaient la dernière ligne droite du Prix des bénévoles.
Henri en est un. Le bénévole de tous les instants. Patronage, école, hippodrome... il se souvient. Aujourd'hui toutes ces histoires, c'est du passé, les photos dans les albums. A présent il est à la retraite. Une retraite qu'il a décidé de prendre, enfin. 84 ans soufflés, 60 ans de mariage. Oui, il est temps de regarder Marie, son épouse éplucher les légumes pour le repas de midi qui réunira les enfants, les petits et les arrières petits enfants.
 
 
Ce dimanche, le soleil a brillé de tous ces rayons et ce petit détail se lisait sur tous les visages, même des personnes les plus grincheuses du pays.
 
Ainsi, les secouristes n'avaient pas grande chose à faire. Qui aurait voulu avoir un accident un si beau jour ?
Toutefois si un tel  " malheur " était arrivé, l'équipe serait d'attaque avec docteur de Joux, fidèle à cette manifestation depuis 25 ans.
Oui, en effet il s'était accordé quelques pauses sur ce long parcours. Pendant ces années, où il ne l'était pas, c'était le docteur Guerin qui a assuré les soins. 
Donc, auprès de ce médecin, les pompiers de Mauron, plus que jamais  bénévoles, ont constitué l'équipe de secouristes.
 
La Société des courses hippiques des Vélizées, organisatrice de ce rendez-vous, a annoncé la création de cette équipe par un communiqué, envoyé en juin :
 " les statuts de la Société font obligation au Conseil d'Administration de désigner parmi les membres de la Société un responsable de la sécurité médicale. Son rôle essentiel est de mettre en place la logistique médicale afin que la sécurité des spectateurs et des professionnels soit assurée pendant la réunion de courses. Un responsable " sécurité " a été désigné : il s'agit de Monsieur Yves Dano. "

Par ces termes très officiels Yves Dano et son équipe ont gagné une nouvelle responsabilité au sein de la communauté locale : secouristes lors des courses hippiques. 
A propos de cette mission Yves a dit : " non, nous sommes pas ici dans le cadre de l'intervention des sapeurs-pompiers. Nous sommes ici en tant que  bénévoles. C'est tout. "
 
Entre les explications et les précisions nous avons eu le temps de prendre une photo avec les ambulanciers de Triskell, complétant " la logistique médicale ". 
 
 
Au loin, les chevaux s'engageaient dans la campagne, galopant pour le Prix de la ville de Mauron. Devant le rang de présentation, Eugène Grasland, maire adjoint, attendait patiemment le gagnant pour remettre le prix à son propriétaire. Fabienne Lebreton lui tenait compagnie.
 
Lebreton, voila une famille passionnée de chevaux avec à sa tête Maurice Lebreton, aujourd'hui vice-président de la Société des courses de Mauron.
" J'avais 7 ans quand je distribuais déjà les programmes, c'était sur l'ancien champ des courses. J'étais avec ma soeur Christelle et notre papa, qui a toujours travaillé pour les courses comme bénévole.
Depuis quelques années nous sommes tous les trois commissaires de courses.  Aujourd'hui, toute notre famille, de que la saison des courses commence, passe les week-ends sur les hippodromes. Oui, c'est une passion que nous partageons " confia Fabienne.
 
 
A quelques pas derrière elle sa soeur, Christelle rentrait les résultats des courses dans une base de données informatiques.
Les ordinateurs chauffaient, les photos d'arrivée s'affichaient et tout une armée de bénévoles, mais ô combien professionnels, s'affairaient pour que " la fête se passe bien. "

Anne-Françoise Jouvrot, secrétaire de la Société, ( une bénévole engagée dans plusieurs associations de Mauron ) secondait en souriant Christelle Lebreton à présent aussi trésorière adjointe.
 
André Gaudin était présent aussi. " Je lui ai apporté à boire, il est de service pour la balance, " commenta Solange, sa femme. Un couple chaque fois présent  pour aider les autres.
 
Quant à Jacques Martin, président de la Société des courses hippiques depuis deux ans, lui aussi semblait heureux et satisfait de ce dimanche. Sa déclaration pour la presse le confirmera " c'est bien mieux que l'an passé. Nous avons 1 600 entrées pour cette année. Le temps nous est favorable et nous avons retrouvé le public habituel, même s'il y avait de la concurrence dans le secteur. Notre public a apprécié la qualité des courses et les participants, les uns venus du Grand Ouest, d'autres de la région parisienne nous félicitent pour la qualité de la piste. Nous allons continuer avec les bénévoles qui entretiennent toute l'année les infrastructures de l'hippodrome d'améliorer la piste. "
 
 
 
Revenons à Henri. En profitant de la piste libre entre deux courses, Henri, accompagné du docteur de Joux, a repris le chemin direction les buvettes. Sur la route il a salué plusieurs de ses anciens collègues bénévoles, a donné un coup d'oeil sur le bâtiment qu'ils ont construit, il s'était peut-être rappelé de l'ouverture de cet hippodrome en 1986 et des 4 500 spectateurs qui s'y sont déplacés.

" Voila docteur, c'est Eugène qui voulez vous voir " a annoncé Henri en arrivant devant un groupe de personnes assises à l'ombre des arbres.
 
 
Eugène Lucas, 89 ans en octobre prochain, évoquait avec son fils le passé.  " Papa était bénévole sur l'hippodrome pendant des années. D'abord c'était à la Ville David. Il travaillait au château pendant 52 ans et quand on a commencé à faire les courses dans les champs du château alors il allait aider " racontait Yves, fils d'Eugène. " Après ils ont décidé de construire cet hippodrome et mon père a travaillé avec eux. On les appelait la Septième compagnie. Qui était avec toi papa ? "
 
" Marcel Lebreton, Michel Hirel, René Guillou, Gérard Ziccolotto ... Henri tu en étais aussi ? Je ne sais plus qui d'autre " a-t-il dit. Eugène, avant de quitter la Société des courses a su transmettre la passion pour le bénévolat à son fils Yves. " Oui, moi aussi je suis devenu bénévole comme mon père. "
Désormais, Eugène habite au foyer logement à Guilliers.
 
 
" Ah, qui était encore parmi eux ? " Cette fois c'est Clotilde Binard qui s'interrogeait. Bienveillante et aimable, Clotilde entretenait la conversation : avec Marie, épouse d'Henri, avec Yves Lucas...
Un instant avant, son mari, Claude Binard, était encore à discuter puis il a du s'absenter.
 
Les Binard sont une autre famille de bénévoles étroitement liée à l'histoire des courses hippiques à Mauron. Le père président de la Société, les fils commissaires de courses et la maman, une bénévole polyvalente.
C'est lors de la présidence de la Société des courses par Claude Binard que l'hippodrome des Vélizées a été construit. Il a occupé ce poste voici encore deux ans.
 
Ses prédécesseurs étaient : Messieurs du Noday, Jean Allain, et avant encore Mathurin Lefort et Mr.Apert.
La Société a été fondée en 1913, cependant personne ne connaît le nom du premier président.
 
Au cours de sa présidence, Claude Binard a été épaulé par un bureau composé de : Henri  de Saisy, Josselin de Rohan, Henri Chartier, vice-présidents, Georges Forgeoux, secrétaire, Michel Blandel, trésorier.
Et aussi les commissaires de courses :  Jean-Claude Binard, Georges Forgeoux, Maurice, et ses filles Fabienne et Christelle Lebreton et Jean Salmon.
 
 
Une nouvelle agitation se faisait sentir dans la foule installée sur les talus de l'hippodrome. Le Prix de Brocéliande se terminait et les parieurs allaient voir les résultats.
Ils se positionnaient devant Michèle Lucas, qui une fois de plus ( depuis tant d'années ) notait les informations sur le tableau. Ce jour, plus qu'une dernière course restait à disputer.
 
 
 
 
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