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Février 2010
" Naissance
de la féerie "
L'exposition du Centre de l'imaginaire
arthurien avec des textes de Pierre Dubois sur des images d'Hervé Glot
en février à l'Office du tourisme du pays de Mauron à Tréhorenteuc.
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Pierre Dubois raconte à sa
manière les photographies d'Hervé Glot, depuis l'endormissement de la végétation
jusqu'aux premiers jaillissements des fleurs nouvelles. Mots et images mêlés
affirment que nature et enchantements vont souvent d'un même pas, là, à nos
côtés, lorsqu'un regard attentif sait entrevoir la magie simple d'un monde
premier plus fascinant que tant d'ffets spéciaux.
Les
auteurs
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Pierre Dubois nourrit son enfance de livres
et de films d'aventures, puis traîne ses études et ses révoltes aux
Beaux-Arts de Lille. Il devient journaliste, de radio, puis de télévision, à
Lille, Limoges et Rennes enfin, passionnant son public avec les coutumes,
croyances, légendes et récits anciens. Scénariste de films ou de BD,
chroniqueur, il est aussi écrivain, pour adultes et pour enfants. Mais surtout
Pierre Dubois est à l'origine du retour du Petit peuple et du réveil des fées en
France, méritant sans conteste le titre, par lui créé, d'elficologue. Depuis
les fiches parues dans Spirou jusqu'aux Encyclopédies et Anthologies éditées par
Lionel Hoëbeke, Pierre Dubois, en ouvrant des passages oubliés, a suscité de
multiples vocations.
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Les photographies d'Hervé Glot
qui ont inspiré les textes de Pierre Dubois ont été prises sur les chemins qui
mènent à Brocéliande. Car même si Hervé a traîné ses objectifs à l'autre bout
du monde, la Bretagne en général et cette frange du Morbihan où il a choisi de
vivre voici plus de trente-cinq ans continuent à lui offrir mille occasions
d'explorer le mystère de la nature.
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En commentaire à
l'exposition, fidèle aux cycles saisonniers et à la renaissance printanière,
Pierre Dubois se livre à quelques considérations
inactuelles.
" Pour ouvrir un paysage, il faut d'abord s'ouvrir à lui, s'y intégrer,
s'y fondre jusqu'à la révélation que l'intime cheminement des branches se
prolonge au fond de nous. Pressentir que le feuillage, l'herbe, la fleur, les
prés tout autour de nous sont vivants, et murmurent, et écoutent, et
racontent.
Enfin le conte peut
commencer… Feuille à feuille, pétale par pétale, bourgeon par
bourgeon. Chaque corolle porte un signe, un secret, un domaine perdu, un
jardin retrouvé. Une trouée dans le taillis mène aux voûtes fraîches, en ces
ombres longues traversées de ruissellements poudreux où vont s'embraser les
ailes égarées des insectes, par-dessus les étoiles des ficaires, les blanches
communions d'ail des ours et d'anémones
sylvie.
Plus loin, après la
religieuse chênaie aux élancées gothiques, on retourne aux antécédences humides
des reptations moussues, là où les vieilles souches chevelues, noueuses et
ridées, enracinées au roc, rêvent et méditent sur leurs éternités, et lentement
se légendent comme, lentement, siècle après siècle, germent et croissent les
menhirs.
Sans fin ni commencement la
nature réinvente à chaque fois l'inconnu, enchante et réenchante si bien le
Temps que toujours il s'émerveille des fraîcheurs scintillantes de l'aurore, du
liseré perlé des filandres, des orfèvreries précieuses des sous-bois, et que
sans fin il s'adonne et s'abandonne au sacre des
renaissances.
La jacinthe des bois, de
clochette bleue en clochette bleue, ouvre à la contemplation un infini céleste
de quêtes et de romances. Un seul pas dans sa brume d'azur et la blanche licorne
emporte qui s'y engage. Mais un pas de trop, et l'on brise la magie, on
efface derrière le reflet surnaturel du lac le château bâti par Merlin.
"
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Le monde merveilleux
? Une lumière subitement le révèle. Une émeraude scintille dans les
profondeurs du lac, un rai de lumière crucifie le rideau des arbres, et voici la
nature qui soudain s'emplit de présences. Désolé, mes filles-fleurs n'ont pas
de petites ailes accrochées au dos. Elles se cachent derrière un bosquet
d'églantine, surgissent d'un buisson d'aubépine dans la simple blancheur du
jour. Elles affectionnent les matins mouillés, les aurores bleutées et
silencieuses.
Quelques gouttes d'eau
perlent aux pointes des aiguilles du pin , une coquille se brise, un bourgeon
éclôt. Ainsi sont-elles, mes Belles invisibles, si diaphanes, insaisissables
et tellement éphémères ! Un soleil qui roule un peu trop des mécaniques, un
bruit détestable, un jour mal luné, et elles s’évaporent sans plus laisser de
traces. Demeure un parfum de chèvrefeuille, une tendre mélancolie ; la mienne
en leur absence. H. G.
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( textes : Centre arthurien
)
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