Le C@rnet du Terroir
Cahier patrimoine
 

Décembre 2008
 
Quand le cidre coule à flot
Tous les ans, début décembre, les habitants de Saint-Brieuc de Mauron se retrouvent lors de la pilerie. Et ce sont les anciens qui pressent les pommes, comme jadis.
 
" J'ai toujours bu du cidre maison. C'est la boisson officielle d'ici. Avant la guerre, dans les cafés, on ne buvait pas du Ricard mais une bolée de cidre. C'était comme ça " se souvient Paul Pinsard. Né dans le pays voici 87 ans, il est resté fidèle à son pays et à la tradition.
 
Paul Pinsard avec les anciens de la commune : Eugène Mesle, 82 ans et Daniel Le Cordier ont fait encore cette année le cidre du pays.
 
" Je ne me souviens pas quand j'ai commencé à faire du cidre mais je sais que très jeune j'en buvais déjà !
A l'époque, les anciens ne nous donnaient pas le droit d'en faire. C'est eux qui faisaient la motte. Nous, on regardait. Plus tard, j'en est fait mon métier. Je travaillais chez Duval "
raconte Paul, devenu expert en la matière.
Brindille par brindille, il choisira lors de la pilerie les tiges de paille de la même longueur. " D'habitude, elles sont trop courtes mais cette année, elles sont trop longues " commentera-t-il en entreposant la paille et les pommes concassées.
 
A ses côtés, Eugène Mesle étale les pommes. " Je suis de Mauron et je me souviens avoir participé chaque année à la pilerie. On la faisait entre décembre et février, selon les variétés de pommes. C'était une habitude non seulement dans les villages mais aussi dans chaque maison " souligne cet ancien.
 
Le plus jeunes des trois, Daniel Le Cordier est arrivé dans le pays voici 42 ans et avec les anciens, il a appris la tradition.
 
 
C'est justement dans le souci de préserver le savoir-faire d'antan que cette pilerie à l'ancienne est revenu en 1997 dans le calendrier des fêtes de la commune. Réinstaurée par le Comité des fêtes, elle perdure.
 
" Tout d'abord, en 1994, c'était une soirée pour griller les châtaignes " se rappelle Charles-Édouard Fichet. " Le matin chez Paul Chantrel avec Christian Salmon de la Rebutais, Sébastien Gillard on faisait  du cidre et le soir, on le buvait en grillant des châtaignes. Les soirées étaient chez les habitants. "
 
Ensuite, le Comité a acheté à Evriguet la presse à pommes. Nous l'avons installée sous le préau de l'ancienne école privée." 
 
Quand la décision d'aménagement de ce bâtiment en gîte et en salle socioculturelle a été prise,  les bénévoles de la commune ont transporté le préau et le pressoir à l'étang.
 
Si les pommiers à cidre sont encore nombreux dans le pays, les bénévoles ( les enfants de l'école compris ) font le tour dans les vergers des habitants pour ramasser les pommes, le Comité a pensé également à planter les jeunes pommiers " pour l'avenir ".
" Nous avons fait des kilomètres pour trouver les bonnes variétés de pommiers. Et en fin de compte, nous les avons trouvés à côté de chez nous à la pépinière La Peignie à Ménéac. C'était en 1998. Ces pommiers sont de la même variété qu'utilise le fabriquant du cidre à Merdrignac. "

 
Cette même année, les soirées châtaignes s'arrêtent, quant aux pommiers plantés à côté de l'espace communal près de l'étang, ils poussent chaque année et la pilerie continue de mousser le cidre.
 
Aujourd'hui, le Comité des fêtes est présidé par Jacques Desné, qui avec son équipe de bénévoles, continuent d'animer la commune et de pérenniser le savoir de la fabrication du cidre.    
 
 
 
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