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Le C@rnet du Terroir Cahier société
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Décembre
2008
Jean-Claude Penard,
facteur du pays depuis plus de trente ans Jean-Claude Penard a
traversé quotidiennement de nombreux hameaux du pays et connaît bien les
habitants. Ceux-là ne disent de lui que du bien : discret, serviable, il a
toujours été à l'écoute et au service des autres. Le 31 décembre, il a
effectué la dernière tournée de sa carrière.
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Ce
dernier jour de l'année 2008, Jean-Claude Penard fidèle au poste depuis 1977 a
commencé le tri du courrier à huit heures à peine sonnée. Avec ses onze
collègues, dans un silence quasi monacal, ils passaient des lettres et colis du
grand conteneur venu du centre de tri départemental dans les casiers de la
poste mauronnaise. " Nous manipulons environ sept milles objets par jour. Le
courrier arrive de Vannes, là-bas le travail se poursuit presque sans
interruption. Ce centre s'arrête seulement le samedi soir pour reprendre dès le
dimanche soir " annonça le responsable de la poste locale Daniel
Hugedet.
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Ainsi
pour Jean-Claude, c'était une journée presque ordinaire, comme toutes celles
d'avant, de sa carrière professionnelle qui a démarré en 1970, sauf que ce
mercredi 31 décembre, il faisait sa dernière tournée.
" J'ai commencé dans le
secteur de Lanouée - Josselin - Rohon, la région dont je suis originaire.
Ensuite, je suis parti pendant trois ans à Paris, puis quatre ans à Bais à côté
de Vitré, avant de revenir dans le pays. En 1977, j'ai pris le poste de facteur
sur les communes de Saint-Brieuc de Mauron et Brignac. "
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Cette
date sera le départ d'une longue histoire entre ce facteur et les habitants de
ces deux petites communes situées au coeur de la Bretagne rurale. Une histoire
de vies : des bonheurs, des joies et aussi des larmes. " Oh vous savez, il
fallait aussi porter la mauvaise nouvelle, alors je glissais la lettre
dessous... "
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" C'est lui qui était le
premier à nous alerter si quelqu'un allait mal " se
souvientCharles-Édouard
Fichet,
à présent maire de Saint-Brieuc de Mauron et qui déjà dans sa
jeunesse connaissait Jean-Claude.
" Je me rappelle,
un jour, on avait tué le cochon et dès le matin on goûtait la charcuterie.
Jean-Claude avait l'habitude de poser le courrier à l'intérieur de la maison.
Alors ce matin là, il est venu, on était tous à table ; il a posé les lettres et
il est reparti, mais à peine sorti il est revenu, soit disant pour nous donner
encore une autre lettre. Toutefois, on avait bien compris qu'il s'agissait de la
charcuterie ... "
Le maire et le postier se
regardent et rient en se remémorant cette anecdote.
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Ils se souviendront de bien
d'autres aventures. " Une fois arrêté à Brignac, voiture en marche, je suis
allé porter la lettre à la maison. A mon retour la voiture avait disparu. Je
me suis dit que du coup je n'avais pas du serrer le frein à main et qu'elle avait
du descendre la côte jusqu'au cimetière. Je croyais bien la trouver dans le
fossé. Et rien, elle n'y était pas. Je suis remonté et j'ai fini par la
retrouver dans l'arrière cour de la mairie. Après, j'ai appris que c'était
mon collègue facteur qui m'avais fait une blague en la déplaçant " raconte
Jean-Claude.
" Et tu te souviens des
calendriers, et de quand on faisait du cidre " reprend
Charles-Édouard. "Ah oui, il fallait boire un p'tit coup, sauf qu'arrivé à
la dernière maison, j'étais bien obligé d'appeler ma femme ! " A
l'évidence, la convivialité n'est pas exclusive aux
Chtis.
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Jean-Claude Penard a traversé quotidiennement de nombreux
hameaux du pays et connaît bien les habitants. Ceux-là ne disent de lui
que du bien : discret, serviable, il a toujours été à l'écoute et au
service des autres.
" Quand j'ai commencé, on
portait encore la paye et la retraite des gens à la maison " se souvient ce
facteur, qui ne refusera jamais d'aider un malade à qui il fallait des
médicaments.
" Il ne disait jamais non
pour rendre service. On avait confiance en lui, par exemple il portait les
convocations au conseil municipal " souligne le maire, qui réservera à
Jean-Claude lors de cette dernière tournée une surprise. ( Nous l'avons filmé,
c'est presque aussi bien que chez les Chtis. Pour voir la vidéo cliquer sur la
caméra. )
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Le dimanche 4 janvier 2009,
Jean-Claude Penard était déjà de retour à Saint-Brieuc de Mauron pour les voeux
du maire. " C'est normal que je vienne, chaque année je suis présent "
dira-t-il.
Pour cette dernière année en
tant que facteur car il sera officiellement à la retraite en juin, Jean-Claude a
été épinglé de la médaille de la commune pour sa contribution à la vie
locale. Il a été " pendant de nombreuses années le réseau essentiel de la
commune ; celui qui nous relia les uns aux autres et qui nous relia au
monde.
En ce temps de
réorganisation des services et de quelques régressions possibles, je veux te
dire qu'avec ta façon d'effectuer ton travail tu as rendu un service au public,
ce qui est la définition évidente du service public " proclamera
officiellement le maire, et officieusement Charles-Édouard gardera en souvenir
les années passées avec ce facteur, son ami.
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Nous
n'allons pas nous arrêter sur ce point. La magie d'Internet fait qu'on n'est pas
limité par la place et donc on peut écrire et écrire...
Et avec Jean-Claude, il reste
encore des choses à raconter.
Notre Jean-Claude n'avait pas
qu'une seule casquette. Mari, père de trois enfants, il était engagé dans de
nombreuses associations.
Tout d'abord, il a fait
du théâtre. Et oui, belle goule encore aujourd'hui à 57 piges passées, il
donnera des bonnes répliques. D'ailleurs, l'atelier théâtre adultes de
l'Office culturel de Mauron cherche des comédiens amateurs.
Dans son CV, il pourra aussi
ajouter 20 ans passés à l'Indépendante mauronnaise, le club de foot local.
" Au départ, j'allais avec mes garçons Stéphane et Sébastien, j'étais leur entraîneur, puis je
suis devenu dirigeant des jeunes, et ensuite membre du bureau : trésorier.
Ma fille Magali nous a accompagnés pendant des années les samedis après-midi en
tant que supportrice" confie Jean-Claude. On le retrouvera
également à l'Union des commerçants " je suis resté treize ans. " Et
dans le Comité de jumelage avec l'Irlande.
" Que vais-je faire
pendant la retraite ? Nous verrons. Je n'y suis pas encore...
"
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