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Janvier 2009
Nos enfants
seront évalués cette semaine
Cette semaine les élèves de CM2 de
nos écoles privées et publiques passeront des évaluations. Ces tests
portent sur l'ensemble du programme de cette année scolaire. Essayez de les
passer avant vos enfants.
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Nous sommes dans une classe
d'une petite école, la discussion a lieu entre une enseignante de quatre niveaux
scolaires différents : 5 enfants en CE1, 3 en CE2, 4 en CM1 et 9 en CM2 et
son supérieur hiérarchique :
- Les enfants ont travaillé
depuis le début de l'année et voila on vérifie tout ce qu'ils ont appris en
cette fin d'année scolaire.
- Pardon, que dites vous :
fin d'année scolaire ? Nous ne sommes qu'en janvier ! Les élèves n'ont pas
terminé le programme !
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- Oui,
enfin, 2008 c'est achevé il faut un contrôle ! Et puis, ne vous prenez pas trop
la tête, on fait ces tests, on voit si les élèves sont bons ou nuls, on annonce
les résultats aux parents, sans oublier un pt'tit bilan dans la
presse, puis on applique notre méthode : les bons à droite et les mauvais
à gauche !
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- Alors
je ne peux plus les noter comme avant : un, deux, trois pour ces petits
qui n'ont pas bien compris, quatre, cinq, six pour ceux qui commencent, sept,
huit, neuf dont la réflexion est à remarquer, et enfin dix
...
- Oh, oh ! Stoppez enfin ces
comptines. Le dix vous oubliez, on a fait le nécessaire pour que ça n'arrive
pas. A présent un enseignant aura besoin de connaître que deux chiffres : 1
ou 0. Nous sommes au 21 siècle, seul le langage binaire est admis
!
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Ce dialogue fictif évoque les
inquiétudes réelles des enseignants et des parents. Voici quelques exemples,
cette fois exprimés par de véritables Internautes :
Il ne s'agit pas de refuser l'idée
d'évaluation, qui fait partie de toute organisation d'enseignement, mais de
s'opposer à celles-ci, au moins pour les raisons suivantes : elles portent, en janvier, sur l'ensemble du programme de
cm2,
les consignes de correction sont conçues pour que
chaque erreur invalide un exercice entier, un élève
normal de cm2 ne PEUT pas les réussir.
Prenez le temps
de lire en détail les textes d'évaluation, les modes de passation et de
correction ! Vous verrez que le problème est bien plus
profond que ça, que ce n'est pas seulement une question d'époque dans
l'année.
Si on respecte les temps prescrits et les
barèmes, même en fin d'année, un bon élève d'une école préservée ne saurait
réussir correctement ces épreuves.
On ne peut s'empêcher
de se demander s'il s’agit pour les auteurs de ces tests, d'incompétence ou
d'intention délibérée de produire de mauvais résultats. Il serait si facile, ensuite d'exploiter ce taux d'échec
pour accélérer des réformes qui ne font que détériorer l'éducation à laquelle
chacun devrait avoir droit, tout en affirmant qu'on la rend plus
efficace.
Une première analyse de ces
évaluations montre ce qui était redouté par les enseignants soucieux avant tout
de la valorisation du travail des élèves : - certains
exercices portent sur des connaissances qui n'ont pas encore été travaillées
dans les classes puisqu'elles ne sont apparues dans les programmes qu'en
septembre 2008 ! (et l'on peut donc présupposer qu'ils seront massivement
échoués)
- La correction des exercices, par le principe
d'un codage binaire (1 : réussi, ou 0 : échoué ) ne laisse aucune place à
la procédure utilisée par l'élève, ou à la possibilité de réponse partiellement
exacte. Sera notée 0 (échoué) aussi bien une
absence de réponse qu'une mauvaise réponse (et même une absence de l'élève ce
jour là ! )
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