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Janvier 2009
Souvenirs et
heritage d'Ernestine Lorand
" Pour nous, maman était avant tout maternelle. Les gens
quand il parle d'elle, ils évoquent son côté convivial, avec le café sur la
table, son esprit d'accueil "
soulignent ses filles.
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" Nous
sommes nées en 1949 à Gaël. Notre famille est venue en 1952 à Concoret. A
l'époque, on habitait dans la salle, où aujourd'hui le café Escalibor est
installé " Jacqueline et Marie-Annick, soeurs jumelles, filles
d'Ernestine et de Pierre Lorand se lancent dans un long récit " nous
avons aussi un frère Maurice, né à Muel en 1944 " ajoutent-elles.
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Elles
conteront l'histoire de la vie de leur mère Ernestine, conteuse et
poétesse locale décédée le 8 mars 2008.
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" Elle est
partie juste avant les élections. Elle tenait absolument à y participer.
L'engagement citoyen a toujours été très important pour elle "
explique Jean-Paul Leclerc, son beau-fils.
Lors de ses obsèques, Albert Poulain,
conteur et défenseur de la culture gallése du Pays de
Redon, dans son intervention au cimetière s'était insurgé sur l'indifférence à
l'égard de culture gallése. Il avait dit " Ernestine
avait tout compris depuis le début. " Et comme jamais, on a entendu les applaudissements dans ce
petit cimetière de Concoret blotti au pied de la colline de Brocéliande.
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Eric, petit-fils d'Ernestine,
auteur de ce poème l'a lu lors de ces obsèques.
Ma p'tite
Mémé.
Asteur je së ici bas dëpé 37
années. Y en a même qui m'donnent du Mossieur Min mézë, je së comm un
queniaou tou eplorë Parce que sa p'tite mémé se n'est
allée.
Je chonge aux crêpes, à tot ces
netées Au nouvel an avec tes p'tits enfants Min mézë, je së tout
eplorë Ma p'tite mémé s'en est allée.
Y a pa d'naï, y'a pa d'blan, y'a
qu'des gens ! Y'a pa d'rich, y'a pas d'pôv, y'a qu'des gens ! Ne
r'gard point tant c'qu'ils ont à montrë, les gens Min zieute ben, ouaille
ben, et r'gard putot en d'dans !
Tu peux te r'posë benaize,
Mémé Nous aout, on a ben tout ecoutë On asseye d'êt dé gens bien, d'alle
d'l'avant tant qu'on pouë Et comm ta, quand cé hardi d'dë, on r'commence d'y
qu'a y arivë.
Ta voix roulait comme les
rocailles sur la terre ou tu es née Entraînant mille souvenirs dans son
sillage Le chêne du Gallo n'est pas prêt de tomber Tu es de ceux qui n'ont
pas permis qu'il soit déraciné.
Tu n'te r'chomra pu ma p'tite
mémé Mais je ouïrai tojor ta voix dans mes orels Et chaque fa, au
printemps, quand je ouïrai le merl qui subelle Je chongerai, elle est pa ben
loin, ma p'tite mémé qui se n'est allée.
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( la traduction faite par sa
famille)
Aujourd'hui
je suis ici bas depuis 37 années. Y en a même qui m'donnent du
Monsieur Mais maintenant, je suis comme un enfant tout éploré. Parce que sa p'tite mémé se n'est
allée.
Je songe aux crêpes, à toutes
ces nuits Au nouvel an avec tes p'tits enfants Maintenant, je suis tout
éploré Ma p'tite mémé s'en est allée.
Ya pas de noirs, y a pas de
blanc, y a que des gens !
Y a pas de riche, y a pas de
pauvre, y a que des gens !
Ne regarde point tant ce
qu'ils ont à montrer les gens !
Mais regarde bien, écoute bien,
et regarde plutôt en dedans !
Tu peux te reposer bien
heureuse, Mémé Nous autres, on a bien tout écouté On asseye d'être des
gens bien, d'aller De l'avant tant que l'on peut Et comme toi, quand c'est
dur, on recommence jusqu'à y arriver.
Ta voix roulait comme les
rocailles sur la terre ou tu es née Entraînant mille souvenirs dans son
sillage Le chêne du Gallo n'est pas prêt de tomber Tu es de ceux qui n'ont
pas permis qu'il soit déraciné.
Tu ne te relèveras plus ma
petite mémé Mais j'entendrais toujours te voix dans mes oreilles Et chaque
fois, au printemps, quand j'entendrai le merle qui siffle Je songerai, elle
n'est pas loin, ma petite mémé qui s'en est allée.
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Voila l'histoire
d'Ernestine, de sa bonne humeur, de son dévouement pour les
autres...
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" Maman
parlait souvent de son père Alphonse, horticulteur de métier, il avait reçu une
certaine éducation, il était allé à l'école. Il l'a marquée car toute sa vie il était
une référence pour elle. A l'évidence, elle a hérité de son père ce
regard philosophique sur le monde. Elle a écrit un poème sur lui " se
souviennent, Jacqueline et Marie Annick.
Ernestine est née à
Saint-Méen Le Grand le 24 janvier 1921, elle a trois soeurs et un frère.
Ses parents Ernestine Durox, née au Landrais en Concoret et Alphonse Guichard,
s'installent à Muel quand Ernestine à 2 ans. Chétive, souvent malade, Ernestine
ne va pas régulièrement à l'école, c'est auprès de son père qu'elle apprend. En
ce temps, l'école s'arrête à 14 ans.
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Voici un souvenir marquant de son école, elle l'a conté
dans Le Lian, la gazette en gallo
.
" Tu sais bien dans les
écoles, il ne fallait pas parler comme ça " dit Ernestine en parlant du gallo. " Il fallait se mettre à carreau.
Alors on faisait des bêtises des fois, je me souviens de la maîtresse qui nous
parlait d' " un chameau, des chameaux... " Des choses comme ça, " un chou des
choux", alors il fallait trouver le pluriel de "navet ". " Et toi Guichard,
qu'elle me fait, comment tu dis ? : " Un navet, des naveaux "parce que je
disais en gallo " un navè, des naviaùx " donc en français ça donnait logiquement
ça. "
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Agée de 21 ans, Ernestine
quitte le foyer familial et part travailler à Saint-Malo, où elle rencontre son
futur mari. Après le mariage, ils restent trois années à Muel à aider sa mère,
son père étant décédé quelques mois après leur mariage puis s'installent à la
Ville-es-Guérin une petite ferme à Gaël.
Ses enfants viennent au
monde, mais elle ne leur parle pas gallo, elle sait qu'après, à l'école ça
ne sera pas admis. " Parfois, elle disait juste quelques mots. Les
enfants du bourg ne parlaient pas gallo, seuls les jeunes de la campagne
l'utilisaient, car dans leurs fermes on le parlait encore " se
souviennent les filles d'Ernestine.
Les filles ont trois ans
quand la famille vient vivre à Concoret, où Ernestine se met à faire de la
couture et des galettes.
Dès 1968, elle commence à
travailler à la cantine de l'école publique, à l'époque les enfants des deux
écoles (une publique, l'autre privée) ne mangeaient pas ensemble. Deux ans plus
tard, le foyer rural est construit et désormais les enfants mangent à la même
table, la cantine devient communale.
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" Dès
que nous sommes rentrées à l'école, elle s'est engagée dans l'amicale laïque. Et
elle y restera pendant des années, même après que nous soyons parties "
racontent Jacqueline et Marie Annick.
Ernestine est présente dans
différentes associations de la commune, sans faire de différence entre les
gens. " A titre bénévole, elle s'occupait aussi du club du troisième âge,
pourtant elle n'avait pas encore l'âge d'y être inscrite. Elle avait même porté
des colis aux anciens pour les fêtes " se remémore une de ses filles. Et
ajoute " je me souviens pour la venue d'un Évêque, elle avait
confectionné des fleurs et les avait données à l'école privée. Car voyez-vous
elle était laïque, mais jamais elle n'aura fait de
différences."
Pour Jean-Paul Leclerc, son
beau fils, qui l'a connue à la fin des années soixante, (il a épousé
Jacqueline en 1970) " ma belle-mère impressionnait par son énergie, c'était
une femme active. Elle se donnait aux autres sans rien attendre en retour.
" Ce beau-fils suivra son exemple, dès son installation à Concoret en
1972, il s'implique dans la vie locale : écoles, conseil municipal,
associations.
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Le gallo
reviendra dans la vie d'Ernestine dès 1979, avec le festival des Assemblées
gallèses et la rencontre avec Jean-Charles Michel.
En 1981, différentes
manifestations des Assemblées ont lieu à Concoret : stages chant, langue, danse,
théâtre et spectacles.
" Le jour-là, j'ai
entendu des chants, des bouts de chants. Mais je me suis dit que ça me
rappelait les chansons de ma mère. Et ça a démarré comme ça "
racontait-elle au journaliste de la gazette en gallo. Sur son retour vers le
gallo, elle lui confia " pour se remette au gallo, ce n'est pas si évident
que ça au départ, parce que moi comme tous les autres on ne le parlait plus. Il
ne fallait pas " caùzër de même comme dit l'aùt." Du coup, il fallait retrouver
tout ça. Dans ma tête j'ai essayé de revivre dans ma grande maison avec mes
parents qui étaient décédés depuis
longtemps."
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Ernestine participe très
activement aux Assemblées
gallèses
: à préparer la cuisine, à
donner des cours de gallo, conter ...
C'est
Gilles Morin, initiateur bien connu du renouveau de la culture gallése, qui la
pousse à réveiller sa mémoire. Il la convainc que le gallo est aussi une expression de
la culture populaire et qu'il n'y a pas de grande ni de petite culture
; ces textes en gallo en sont la preuve.
Elle commence à écrire en
gallo, ainsi est né son recueil de poèmes en français et gallo, réalisé et
édité par le centre d'accueil la Soett.
Lors des Assemblées, elle
rencontre tous les acteurs du renouveau de la culture gallése : Patrick Le Brun,
Bertrand Aubret, Alain Burban, Christian Leray, Claude Capelle, Albert Poulain,
Guy Larcher et bien d'autres.
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Sa
rencontre avec Christian Leray est à l'origine du livre Dynamique
interculturelle et autoformation. Une histoire de vie en pays gallo.
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La langue maternelle
d'Ernestine finie par s'installer pour toujours dans sa vie. " Elle a
même fait des faire-part en gallo pour les naissances de ses petits enfants
" annonce Jacqueline.
"Dès la création du
centre d'accueil la Soett, elle s'implique de tout son coeur. Le mot la Soett
c'est elle qui l'a trouvé. Nous étions là avec Albert Poulain à chercher
un nom commun pour cette association qui était à la fois centre d'accueil,
organisateur d'animations locales et sur la culture gallése " explique
Jean-Paul.
La Soett en gallo à la même
étymologie que le mot entraide en français.
Le 3 juillet 1989, la
Soett accueille les premiers groupes. Ernestine s'engage auprès de cette
association pour animer les veillées. " Parfois, mon gendre me dit que
je vais me tuer avec les animations deux ou trois fois par semaine, mais je lui
réponds que ça ne me fatigue pas, que si la mort doit me trouver là c'est
aussi bien qu'au pied de ma table ... " racontait Ernestine à Christian
Leray dans l'Histoire de vie en pays gallo.
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A 60 ans, Ernestine décide
d'apprendre à jouer de l'accordéon. Ella a pour professeur Yann Dour.
Désormais, elle conte et joue,
animant ainsi les soirées pour les enfants. Elle fait des animations
aussi au club et participe aux échanges organisés par la Soett avec le
Portugal et l'Italie.
En 1986, Ernestine prend sa
retraite et participe à de nombreuses manifestations ayant trait à la culture
gallése et notamment le festival bien connu de la Bogue d'or de Redon.
Elle gagnera une année la Bogue, puis participera ensuite comme membre du
jury.
Elle s'arrêtera de
conter à l'âge de 75 ans, cependant elle continuera encore à écrire jusqu'à ses
derniers instants.
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"
Ernestine est en effet une conteuse locale, d'ailleurs bien connue dans toute la
Bretagne d'expression gallése. Mais à Concoret, elle est plus que
cela : ayant servi la soupe à dès générations d'écoliers, elle est restée pour
eux, même devenus plus âgés, un peu comme la Grand-Mère universelle, celle qui
écoute et celle qui choie " lit-on dans la préface de son recueil de poèmes édité
par la Soett CPIE forêt de Brocéliande.
Elle est
connue même au-delà de la Bretagne par ses entretiens télévisés Fr 3 et
France 2 entre autres et ses voyages à l'étranger : Pays de galles, Italie,
Portugal.
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A l'automne
2008, un hommage a été rendu à Ernestine lors de vingtième anniversaire de la
création de la Soett CPIE forêt de Brocéliande et aussi le 13 novembre de cette
même année, radio Plum'FM, proposant de nombreuses manifestations autour du patrimoine
culturel du Pays Gallo, lui a consacrée une soirée autour de l'oralité. La soirée
s'est déroulée au café L'Escalibor, en présence de ses
proches.
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Les gens les gens sont fous, les gens sont malades,
Leurs esprits se brouillent et ça fait des salades. Cela vient sûrement
de la vie actuelle, On ne supporte rien, même plus ses bretelles, Tout
gène, tout porte à la médisance, Car chacun n'a pas de travail en suffisance.
On est jaloux de qui, de quoi. Ce n'est pas bien, comme si ce serait
mieux comme ça. Mais que tous ceux là qui ont une sale langue Ne viennent
pas vous aider, car ça les dérange. Un service aussi petit qu'il soit.
On va en parler pendant un mois. Quelle vie, quelle peine, quelle
honte, Tout porte à faire le mal, mais le mal ça compte. Il faudrait à
chacun que suffise sa peine, Il y aurait moins à penser, il y aurait moins
de haine. On ne verrait plus passer les années, Tout le monde serait
heureux de faire une bonne journée, Mais repu, fatigué, assis dans son coin,
On n'aurait rien à dire surtout de son prochain. On s'endormirait d'un
sommeil de plomb Sans penser, sans rêver, et tous d'aplomb.
Poème d'Ernestine Lorand du recueil Ernestine tout
simplement...
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Pour nous, maman était avant tout maternelle. Les gens quand ils parlent d'elle,
ils évoquent son côté convivial, avec le café sur la table, son esprit d'accueil
" soulignent ses filles.
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Laurence, la petite fille
d'Ernestine qui joue de l'accordéon comme sa grand-mère confie "
j'ai plein de souvenirs avec ma grand-mère. Après l'école, elle nous
attendait pour boire un petit chocolat et si on ne venait pas, elle
appelait pour demander ce qui n'allait pas. "
Quant à l'un des petits fils
d'Ernestine, Éric, il a tellement échangé avec sa grand-mère, que le gallo est
devenu tout naturel pour lui, si naturel qu'il a choisi l'option gallo au
baccalauréat.
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L'avenir du
gallo
Dans un
entretien de 1998, réalisé avec Ernestine Lorand par Cajetan Pétral pour
Le Lian, la gazette en gallo, elle donne son avis sur l'avenir du gallo
" là-dessus je ne sais pas trop quoi dire. Je faisais tout pour que le gallo
se déploie. Il n'y a pas beaucoup d'aides. Il faut discuter et discuter en
l'utilisant. Le breton, qui rencontre les mêmes problèmes, prend du poil
de la bête. Il y a des écoles bilingues maintenant par ici . "
Les regards changent petit à
petit. Cette année scolaire 2008, Anne-Marie Pelhate de l'association
Dihun Breizh est venue à l'école de Concoret initier les enfants au gallo.
En exercice, elle leur a demandé de se renseigner auprès des grands-parents sur
la signification de différents mots en gallo...
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Cependant, un problème
demeure : la maison d'Ernestine, située à côté des locaux de la Soett CPIE foret
de Brocéliande, est en vente depuis 2007.
Deviendra-t-elle un lieu
consacré à la vie d'Ernestine et à la fois de la culture locale : gallése
?
" Ernestine a exprimé
jusqu'au bout sa volonté de voir sa maison servir au fonctionnement du CPIE, et
que celle-ci soit le prolongement de son action afin d'en faire un lieu
vivant et profitable à tous. Nous nous y emploierons tant que cela sera possible
"
déclarent les enfants d'Ernestine.
Cette maison,
revivra-t-elle au rythme des animations en intégrant les locaux du CPIE ? Où sera-t-elle vendue
à un particulier, voire abandonnée et avec le temps on oubliera les contes
d'Ernestine ?
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