Le C@rnet du Terroir
Cahier société
 
Février 2009
 
L'éolien industriel : du vent dans les yeux
 
"Cette relance du nucléaire, décidée sans concertation, sans transparence, sans évaluation des besoins énergétiques, constitue un passage en force inacceptable et digne des années 1970 et non de la France de l'après-Grenelle", dit Yannick Rousselet, chargé du dossier à Greenpeace dans l'article de l'Express. Cet article a été publié vendredi 6 février suite à la visite sur le chantier de la première centrale EPR française, à Flamanville, du Président de la République qui a l'occasion a défendu sa politique nucléaire.
Voila, qu'une semaine après avoir donné son feu vert à la construction en 2012 d'un deuxième EPR à Penly, en Seine-Maritime, le chef de l'État a confirmé la construction d'un troisième réacteur.
 

 
Oui, c'est douloureux de se réveiller un beau matin face aux éoliennes à perdu de vue et se rendre compte que c'est un leurre. 
 
 
Un leurre économique et écologique
 
Comment cette belle idée d'utiliser les forces de la nature pour nos besoins du quotidien a été détournée ?
Ci-joint un article qui explique cet état des faits.
" Il y a 20 ans lorsque les " écolos " militaient pour le développement de l'énergie éolienne on leur répliquait en leur demandant s'ils étaient pour " le retour à la bougie ". Les mêmes qui les dénigraient autrefois, sont aujourd'hui les plus virulents " défenseurs d'une énergie propre "... et, paradoxalement ce sont maintenant les " écolos " qui expriment certaines réticences aux projets d'implantations d'éoliennes.
Comment expliquer cette inversion de tendance ? Tout simplement parce que les motivations ne sont pas les mêmes. Personne ne croira que c'est par souci pour l'environnement que les investisseurs spéculent sur ce nouvel eldorado qu'est l'éolien." Lire ...
 
 
Dans le dossier d'éolien la phrase basique qui se glisse à chaque fois est : ne vaut-il mieux l'énergie éolienne que le nucléaire ? Si, bien évidemment car avec l'éolien même industriel les risques de Tchernobyl n'existent pas. Cependant avec la lubie capitaliste qui pousse à la surconsommation et le lobbying du nucléaire qui persiste ce n'est pas la question à se poser.
" D'ici 2020, "nous devrons produire chaque année l'énergie de quatre EPR sous la forme d'éoliennes, d'un EPR sous la forme d'énergie solaire, de six EPR sous la forme de bois et de biomasse ( ... ) près de 90 milliards d'euros devront être investis d'ici 2020 pour la quasi-totalité par des investisseurs privés et des particuliers" rapporte les propos du Président Nouvel Obs.
Lire ...
 
Des éoliennes dans tous les creux et recoins du pays, des centrales nucléaires... produire et produire, sans cesse pour satisfaire la folie des grandeurs. 
 
" L'éolien, le cheval de Troie du capitalisme vert "
 
Jeudi 5 février un débat portant sur les installations des éoliennes industrielles en milieu rural  a eu lieu à Concoret.  

Ce débat a été proposé par le collectif des habitants de Concoret et des alentours avec la participation de l'association des habitants du Bran en Gaël : Protection de l'environnement de Gaël. Les deux se sont constitués suite au projet d'installation d'un parc éolien par Aérowatt  avec quatre éoliennes à Gaël et trois à Concoret.  
Cette rencontre démocratique et populaire a permis de voir de plus près l'éolienne qui cache la forêt. Et c'est aussi bien au sens propre qu'au figuré.

Dans le pays de Mauron et son secteur, de plus en plus d'éoliennes sont implantées. C'est le résultat de la politique française qui a donné sa parole à l'Europe de stimuler ce secteur qui devrait s'inscrire dans le développement durable.

Désormais même la forêt de Brocéliande avec les éoliennes de Plélan-le-Grand  ressemble à un sapin de Noël clignotant et ce à moins de cinquante kilomètres autour du massif.  ( Elles ont été arrêtées un  moment car elles provoquent des interférences avec la réception de la télévision. )
Les éoliennes de Mauron, installées à la fin de l'été, ont été arrêtées aussi parce que les riverains d'Illifaut ne supportent plus le bruit.
Les éoliennes de Mohon ( un projet bien plus ancien ) n'ont pas fonctionné pendant plusieurs mois à cause d'un problème technique.
Imposantes dans le paysage, elles provoquent des nuisances sans aucune contrepartie aux riverains. Leur production d'éléctricité,en fonction des problémes rencontrés, n'est pas fiable.
 
 
Les investisseurs sont-ils alertés par ce problème de rentabilité ? Pas vraiment. 
" La minimisation volontaire de la production dans les premières années pour profiter d'un meilleur prix les 10 années suivantes : 1 kWh non produit la 5e année est ainsi un investissement pouvant rapporter jusqu'à 22%  par an pendant 10 ans " lit-on dans le rapport de la Commission de régulation de l'électricité (CRE). Ainsi de la sixième année à la quinzième, le prix est celui du taux de fonctionnement des années un à cinq. Ceci explique que sur beaucoup de parcs éoliens, on voit toujours une ou deux machines à l'arrêt pendant les premières années.
A ceux-ci il faut ajouter qu'une éolienne industrielle ne " travaille " en moyenne que pendant 2200 heures par an et elle doit être régulée par du thermique le reste du temps provoquant le rejet du CO2.  Lire ...

" 18,5 milliards sont payés par la CSPE ( Contribution au service pour l'électricité ) prévue à l'origine pour les ménages en précarité qui apparaît sur chaque facture d'électricité. Cela représente 40 à 80 euros par foyer et par an presque exclusivement pour l'éolien et va augmenter chaque année. On notera que les industries, grosses consommatrices d'électricité ne payent qu'une CSPE plafonnée, le report se faisant sur les autres consommateurs . " Suite...
 
Le simple riverain qui a déjà les éoliennes dans son jardin financera leur inefficacité. 

Quant à la Taxe professionnelle ( TP ) que chaque entreprise ( et le parc éolien en est une )  verse à la collectivité locale ne doit-elle pas être supprimée très prochainement selon l'annonce du Président. Alors qui payera les sommes promises aux collectivités ? 
 
Moulins à vent, machines  à sous,  lire le document en cliquant sur les feuilles. 
 
 
 
Comment faire pour que cette manne du ciel  continue de tomber aussi dans les poches de la commune ?
 
Moins d'une semaine après l'annonce du Président de la suppression de la taxe professionnelle, les ingénieux businessman's de l'éolien ont trouvé une nouvelle astuce pour convaincre les municipalités. 
Comment ? Simple. Les élus municipaux n'ont qu'à trouver un petit bout de terrain pas loin des éoliennes. Sur ce terrain foncier communal, l'entreprise d'installation d'éolien posera le poste de livraison ( c'est le point de raccordement du parc éolien au réseau électrique d'EDF) et par la suite elle payera la location du terrain à la commune.   
 
Cette proposition a été avancée mardi 10 février en conseil municipal de Guilliers, où un projet de six éoliennes est au "stade embryonnaire."
 
Dans le cas des éoliennes à Guilliers, il faut rappeler que l'entreprise en question avant de présenter le projet aux élus a fait la prospection ( vers le 8 décembre 2008 ) et à la fois elle a profité d'aller signer des accords avec les propriétaires fonciers. " Nous avons obtenu  les accords à 90% "
Ces intervenants venus présenter le projet de Guilliers n'ont nullement caché leur objectif principal : nous sommes une entreprise privée à but purement lucratif.
 
 
Toucher les élus sur le point écologique
 
Les diapos ne manquaient pas d'images d'oiseaux, on a évoqué la Zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique. Sur Guilliers, elle n'existe pas, par contre il y en a bien une pas très loin, entre Gaël et Concoret, où un centre d'enfouissement est en projet.
Arguments écologiques épuisés, ils ont sorti la grosse artillerie :  il vaut  mieux les éoliennes qu'une centrale nucléaire n'est-ce pas ?
Oui, effectivement, sauf que l'éolien n'empêche pas la construction de ces centrales. ( Voir le reste de l'article. )
Bien évidemment cette pauvre Bretagne qui produit seulement 7% de sa consommation énergétique a été montrée du doigt. Alors dans ce cas pourquoi se gêner ? Couvrons-la à outrance des éoliennes. 
On aurait peut-être dit oui si elles étaient efficaces. Cependant :

" Les "champions" de l'éolien que sont l'Allemagne et le Danemark ont obtenu, respectivement, 0,1% et 1,3% de leur énergie totale par ce moyen en 1999 (source IEA). Au Danemark, qui a probablement l'un des plus forts taux d'énergie éolienne dans le "mix" au monde, la consommation d'énergie a augmenté, sur la décennie 1990, de .... 1,3% par an en moyenne (source IEA). Dix ans d'efforts dans l'éolien ont tout juste servi à "absorber" une année de hausse de la consommation d'énergie, et pour cela, il a fallu en mettre des machines ! "
( Voir l'article complet )
 
" Implantations éoliennes au Danemark
Ce pays est allé assez loin dans ses efforts, ce qui n'a malheureusement pas eu d'effet considérable sur sa consommation d'autres énergies ou ses émissions de gaz à effet de serre. "
Source : Ministère danois de l'énergie
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Alors, s'il vous plaît pas de leçons sur l'écologie. Et surtout pas de propos du genre : vous verrez dans 30 ans les éoliennes feront partie du paysage et vos petits fils s'insurgeront le jour où on viendra les enlever !
 
 
Parlons du démantèlement des éoliennes
 
" Au terme de son utilisation, tout exploitant d'une éolienne est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site (article L. 553-3 du code de l'environnement). Il doit, au cours de l'exploitation, constituer les garanties financières nécessaires à ces opérations. Ces garanties financières doivent être constituées dès le début de la construction des installations si celles-ci sont situées sur le domaine public maritime" selon le site carrefourlocal.senat.fr
Cependant, le décret permettant la mise en oeuvre de cette obligation de constitution des garanties financières n'est toujours pas paru. Lire sur le site du Sénat.
 
Le démantèlement d'une éolienne de 2 MW selon les visiteurs de mardi soir du conseil municipal de Guilliers coûte environ un million. Sur ce point aussi ils soulignent du bénéf." Une éolienne est constituée de l'acier et du cuivre qui se revendent bien. " Il reste aussi quelque 4 m de béton par éolienne dans le sol, qu'ils s'engagent à enlever. Enfin si besoin... 
 
 
A Mauron ça tourne de nouveau
 
Les cinq éoliennes installées en fin d'été sur la commune de Mauron et en périphérie d'Illifaut étaient à l'arrêt depuis le début de l'année. Depuis mercredi 11 février, elles fonctionnent de nouveau . " Elles ont commencé à tourner hier vers 18h. On les entend un peu moins, mais il faut dire que le vent venait de l'ouest " a précisé un élu, qui habite à proximité de ces éoliennes, lors du conseil communautaire du jeudi 12 février.
Le président communautaire de Mauron a rencontré mardi 10 février, " pour faire le point " le maire d'Illifaut. Ce sont les habitants de cette commune qui se plaignent du bruit.
 
A savoir que lors du conseil communautaire de 28 mai 2008 les statuts communautaires ont été modifiés et la communauté de communes de Mauron a obtenu une nouvelle compétence : dans le domaine de l'éolien.  
Le 9 septembre 2008 cette communauté de communes de Mauron composée de sept communes : Brignac, Concoret, Tréhorenteuc, Néant-sur-Yvel, Saint-Léry, Mauron, Saint-Brieuc de Mauron, s'est engagée dans la création de la Zone du développement éolien ( ZDE ). Un cabinet pour réaliser cette étude a été choisi et un comité de pilotage désigné. Le comité de pilotage est constitué de deux élus de chaque commune : un titulaire et un suppléant. La majorité des délégués sont des agriculteurs ( ou des propriétaires terriens,  septembre 2009 ).
 
Dans la communauté de communes du Porhoët, dont Guilliers fait partie, c'est aussi le conseil communautaire qui est responsable des éoliennes.
Au conseil municipal de Guilliers, les industriels de l'éolien ont annoncé des compensations :
 
- à la commune, au cas où elle serait d'accord de poser un poste de livraison sur le terrain foncier communal : 1500 euros par an,
 
- au propriétaire du terrain pour les éoliennes, 1500 euros par MW et comme les éoliennes sont de 2MW cela rapportera 3000 euros par an, voir plus si d'autres éoliennes sur le terrain du même propriétaire,  
 
- au locataire exploitant du terrain : 800 euros par MW, donc également si l'éolienne est de 2MW, le prix sera de 1600 euros par éolienne et par an.
 
Les éoliennes de Mauron et dans les environs
Depuis lundi 23 février les éoliennes ne tournaient plus. Quelques jours plus tard, elles ont été remises dans le vent.
Désormais, régulièrement  elles  s'arrêtent et repartent.
 
 
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