Le C@rnet du Terroir
Cahier sport
 
Avril 2009
Mars 2009
Février 2009
 
Retour sur le circuit de Gérard Perrichot
 
En 2008, Gérard était le plus ancien pilote d'autocross. Il a terminé sa carrière après 26 ans de courses. Sur son compteur, plusieurs centaines de kilomètres s'affichent.
 

 
Cette histoire est celle d'un mec,
de ses filles,
de ses bagnoles,
des kilomètres qu'il a parcourus,
des gens qu'il a côtoyé,
et de ses rêves.
 
 
 
" Ça ne marche pas. Je n'arrive pas à glisser la main. Le trou est trop petit, ça ne passe pas... "
La carcasse d'une camionnette, entrailles ouvertes, bouche la porte de sortie du hangar.
 
A l'intérieur de cet entrepôt, radio Bleu Armorique raisonne à fond. La voix aimable de l'animatrice explique, s'interroge. Et puis soudainement, un bruit fracassant happe tout mouvement.
" Non, attends, ce n'est rien, c'est juste le téléphone qui sonne. " 
Un téléphone branché sur un klaxon d'un poids-lourds, très lourds.
 
Un gentil toutou, d'une taille de berger allemand garde la seconde sortie. Il veille sur le trésor : d'une pile d'enjoliveurs, de pneus, de portières...
 
Ici  tout est une contradiction : la gentillesse du patron face à la froideur métallique des lieux, la gloire des voitures et le temps qui les a transformées en épaves.
 
Sommes-nous sur le plateau d'un film ? Presque. Un film en couleur avec quelques séquences en gris.
 
 
" Alors papa, tu es où. On attend devant la porte, on avait rendez-vous à 18h " Géraldine, seconde fille de Gérard Perrichot raccroche le téléphone.
Quelques instants plus tard, on entend une voiture descendre de la place de l'église de Néant-sur-Yvel. Elle freine à peine et prend le virage.
 
" Tu vois, je suis déjà là. Je t'avais dit que je n'étais pas loin. Je suis revenu de la chasse plus tôt. "  Gérard termine la phrase en poussant la porte. 
 
" Et pourquoi t'as laissé la lumière et la télé, je croyais qu'il t'était arrivé quelque chose " continue Géraldine. 
" Que pouvait-il m' arriver, ah dit ! Et la lumière, c'est pour le chien, il a peur du noir. La télé aussi." 
 
Une fois la télé éteinte, le crépitement du feu de la cheminée enveloppe la pièce. Des dizaines et dizaines de photos occupent la table.
Toute une vie captée. Voila, ses quelques fragments. 
 
Mon premier buggy
 
 
" Sur cette photo, j'ai 20 ans. Je suis né le 12 novembre 1957 à Mauron. Non, je n'ai pas quitté le pays. Enfin si, pendant huit mois. Je suis allé à Paris, mais la chasse me manquait trop. Je suis chasseur depuis 1975 avec ceux de Tréhorenteuc. Et aujourd'hui, ça continue.
 
Et les courses automobiles ? " Ah, c'est une longue histoire. Au début, j'étais menuisier, je gagnais bien ma vie, mais j'étais tout le temps en déplacement. Alors je suis retourné en formation pour devenir mécanicien. 
 
C'est Marcel Moulineuf qui m'a pris dans son équipe. Il était le premier pilote d'autocross sur Mauron. Je l'ai suivi pendant un an et en 1982, j'ai décidé de courir."
 
 
 
" Mon premier buggy est sorti de la casse. Je l'ai fabriqué tout seul. Le train avant était d'une coccinelle et l'arrière aussi. Une monoplace. A l'époque, on faisait comme ça. "
 
Voila ma première voiture et son baptême. Je suis avec Dominique Cochet et Tony Trochu.
 
Mes filles et ma DS
 
" J'ai quatre filles : Angélique, Géraldine, Marjory et Pénélope. Mes filles, dès le plus jeune âge, m'ont toujours suivi sur les courses. Tout le monde suivait.
 
Pour les biberons, il n'y avait pas de problèmes. On branchait le chauffe biberon sur l'allume cigare. Et c'était prêt. C'était une belle époque. L'ambiance était sympa, on s'amusait avec rien, on n'avait pas beaucoup de pognon. " 
 
 
" Sur cette photo, ce sont mes filles. Et ma DS. C'est ma première année de courses.
 
Ici c'est encore ma DS et David Moulineuf. Peut-être en 1989. "

 
 
" Là, c'est lors d'une course de championnat de l'Ouest. On prépare la machine. A côté c'est ma chienne : 36-15 Ulla, non, ce n'est pas une blague, on l'appelait par ce nom. "
 
Les filles de Gérard l'ont toujours épaulé. " Chaque année, je leur demandais si je devais reprendre ma licence. Ce sont elles qui décidaient. "
 
 
 
Avec un papa pilote, on sait conduire plus tôt ? " Elles se sont entraînées sur le terrain à côté. Sauf peut-être Pénélope. Géraldine a pris des cours en conduite accompagnée avec sa mère. A chacune, j'ai fait leur première voiture. "
 
Elles conduisent bien ? " Oui, sauf qu'elles collent  de trop près la voiture avant. La première voiture de Marjory a survécu huit jours, à l'évidence elle appuyait trop sur la pédale. "
 
Souhaitent-elles devenir pilotes ?  " Angélique participera aux courses en UFOLEP. Marjory a fait des stages de pilotage et Pénélope souhaite courir en sprint-car.  Alors on verra. "    
 
 

 
Un petit mot des filles :
 
 
 
 
Angélique, 29 ans, secrétaire commerciale, Morbihan, en couple avec un pilote d'autocross.
 
Géraldine, 26 ans, responsable de boutique, Morbihan, en couple.
 
Marjory, 24 ans, chaudronnier soudeur, Morbihan, en couple.
 
Pénélope, 20 ans, téléopératrice, Vendée, en couple avec un pilote de sprint-car.
 
" Grâce à la passion que nous a transmis papa, Angie et Penny ont trouvé leur amoureux " avoue Géraldine.
Et se souvient " pour l'anecdote : Marjory et moi avons participé deux fois aux sélections Rallye Jeunes FFSA (à Rennes et à Paris).
La première année, Marjory (qui est beaucoup plus douée que moi) avait été sélectionnée pour la deuxième étape de la sélection, mais n'est pas allée plus loin.
La deuxième année, pour nous entraîner, Papa a passé un dimanche après-midi à nous apprendre à effectuer des demi-tours au frein à main. Ca restera un super souvenir, même si on n'a pas réussi à le refaire lors de la sélection "
 
Club 45
 
" C'est la photo du premier repas du Club 45, c'était en 1991 à Guilliers chez un copain irlandais. Un an après, on a créé le club. Il y avait Patrick Bertru, Momo, Christian Conoir et d'autres copains."
 
Aujourd'hui, le club compte plus de trois cent adhérents.
 
 
" A Mauron, nous étions déjà à l'époque plusieurs pilotes d'autocross. Tout a commencé grâce à Marcel Moulineuf et Claude Dréano. Sur cette photo, je suis avec eux et  Dominique Cochet, Dédé Chauvin et Éric Théaud. "
 
 
" J'ai participé à toutes les courses mauronnaises. Ma meilleure année et aussi la pire, c'était en 2001. Le club m'a offert un buggy quatre roues motrices.
 
J'ai terminé la saison vice-champion de l'Ouest et pourtant je pouvais terminer à la première place, mais quelqu'un nous a fait une vacherie : il a mis un bouchon dans le réservoir. Enfin, c'est du passé. "
 
 
 
En 2008, Gérard Perrichot a fait sa dernière saison. Avant de partir, il a passé le volant à son neveu Christophe. Celui-ci court en autocross  depuis cinq ans et avant, pendant dix ans, il aidait Gérard dans la préparation de la voiture.
 
"Je ne pas mal au coeur de ne plus participer " confie Gérard. " Désormais je vais aider Christophe et mes gendres : Bastien Crépeau,  copain de Pénélope qui court  en sprint car D1 et Nicolas Briand, copain d'Angélique, qui est engagé dans le championnat d'Europe." 
 
 
Quant aux bénévoles du Club 45, jusqu'à présent, ils ont été dévoués aux deux pilotes Gérard et Christophe. Aujourd'hui, ils continuent à suivre Christophe.
 
Leur soutien est aussi bien moral que financier, c'est pourquoi ce samedi  28 février, à 19h30, au centre culturel de Mauron, ils se retrouvent pour le repas annuel. La voiture de Christophe sera présentée.
Plus d'infos sur le site officiel du Club 45 (cliquez).
 
 
Voilà, l'histoire se termine.
Les jours de la semaine, Gérard continue d'accueillir les gens qui viennent  dans sa casse à la recherche d'une pièce de voiture. Toujours le coeur sur la main...
Les nuits de la semaine et peut-être du week-end, Gérard rêve. De quoi ? Posez-lui la question vous-même.
 
 
 
On dit que ça se termine et en fin non. Les histoires bien souvent sont interminables et finissent  par devenir la légende. Alors Gérard, es-tu sur le circuit de la légende ?
 
 
Une p'tite virée à la soirée du Club 45
Ils étaient tous là. Parents, grands-parents, amis et copains, mécanos, pilotes et bien évidemment la machine.
 
 
 

 
Au milieu de la salle du centre culturel, en véritable star : le buggy prêt pour la saison, se laissait admirer. Son pilote Christophe Perrichot et ceux qui la choient, l'équipe technique : Jean-Michel Dartois, Pierre-Yves Gougeon, Jérôme Hamon, n'étaient jamais loin.
 
A partir de cette saison, le Club 45 tourne pour ce pilote et lui seul.
En 2009, Christophe participera à douze courses du Championnat de France en DIII 2 litres. Qualifié d'office à ce championnat ( il a terminé vice-champion de l'Ouest ), il participera tout de même aux essais prévus les 14 et 15 mars sur le circuit de Mauron.
 
Toutefois, Gérard, l'oncle de Christophe, continue de faire battre le coeur du club.
 

 
Une grande famille
Toute la famille Perrichot était présente. Tout d'abord Denise, la maman de Gérard et grand-mère de Christophe.
 
" Mes garçons ont toujours aimé bricoler. Déjà petits, ils allaient chercher les vieux vélos, puis les motos pour les refaire. Leur père Gérard aimait ça aussi. Mes gars ont la mécanique dans l'âme " confie Denise.
 

 
Ces deux fils Gérard et Bruno n'ont jamais cessé de se passionner pour la mécanique.
 
Bruno, a été aussi pilote mais en motocross. Ses garçons l'ont suivi. Aujourd'hui, toute la famille est vivement engagée dans l'association Brocéliande moto-verte, qui organise les courses sur le circuit de Vaubossard en Concoret.
 
Thierry, le troisième fils de Denise a compris qu'il faut bien nourrir tous ces champions. Il est devenu cuisinier. Le repas du Club 45 a été concocté par lui.
 
La grande absente de la soirée était leur soeur qui vit à présent dans la capitale.
 
Ah, il y avait aussi tonton Claude, frère de Gérard Perrichot, père. ( L'oncle de Gérard, Bruno et Thierry. )
 
 
Et la suite de la famille du Club 45
Patrick Bertru est le président créateur du Club 45. " A l'époque, j'étais patron de l'Arlequin. Quand j'ai connu Gérard, je me suis dit qu'il fallait bien l'aider et j'ai acheté une boîte de vitesses. C'était en 1993. Gérard est un type très bien, sympa.
 
Un soir au bar chez Momo, on discutait que ça serait bien de créer une association avec des adhérents pour organiser les fêtes et le soutenir, puis récolter les finances nécessaires.  Dès lors, nous avons lancé le Club 45. Aujourd'hui, je suis très content, ça continue de bien marcher, ce soir il y a plus de trois cents personnes au repas. "
 

 
A son tour, depuis l'assemblée générale 2008, Momo a pris les volants de ce club d'autocross. Les années précédentes la présidence a été assurée par Philippe Louapre. 
 
 
Lors de cette soirée, Gérard a aussi rencontré Lulu. Ah Lulu ! Sourire et gentillesse, Lulu est la voix des courses en autocross. " J'ai débuté en 1971. Je connais Gérard depuis ses débuts. J'ai commenté toutes ces courses en championnat de l'Ouest " avoue-t-elle, regard tendre. " Mauron, c'est le berceau de l'autocross. De nombreux pilotes sont d'ici " souligne cette habitante de Saint-Nazaire, restée fidèle au Club 45.
 

 
 
La soirée a été animée par Christian Renouard et son quartette. Pour les joindre 02 97 22 70 47.
 
 
La saison des chevaux mécaniques commence à occuper les esprits des gens du pays de Mauron.
 
Nous nous donnons rendez-vous pour les essais de mars, un rendez-vous confié par la fédération à l'association mauronnaise qui est gestionnaire du circuit : l'Autocross mauronnais, présidé par Yoann Gouault.
 
Les essais à Mauron

Chose promise, chose due, nous sommes allés rencontrer les pilotes venus à la journée d'essais à Mauron samedi 14 mars.
L'ambiance familiale et conviviale a été assurée par les organisateurs de ce rendez-vous de l'Autocross mauronnais.
 
Et comme un schéma vaut mieux qu'un long discours, nous vous invitons sur nos pages  Photos +.
 
 
Vous pouvez également visualiser les extraits du parcours de Christophe Perrichot ,
 
de David Méat
 
et du nouvel arrivé parmi les pilotes mauronnais, Vincent Moreul, ( un gars de Brignac ! )
 

 
 
Comme prévu, nous avons aussi passé un moment avec Gérard.
" Eh oui, que veux-tu j'ai un p'tit pincement au coeur " nous dit-il.
 Rien de surprenant, après 26 ans de courses se retrouver spectateur ça change la vue ! " Là, c'est sûr, on voit la course autrement que derrière le volant " affirme Gérard. " En tant que spectateur, on voit l'ensemble de la trajectoire, ce qui n'est pas évident pour les pilotes.
Désormais pour moi, c'est autre chose qui commence. Je peux conseiller Christophe, donner mon avis aux autres pilotes. Parce que, si sur le circuit on se bagarre, en dehors on est très solidaire. "
 
Gérard nous a livré son point de vue sur cette journée. Cliquez sur la caméra.
 
 
Feu dans le hangar de Gérard et Christophe Perrichot
 
" J'ai sorti les buggys à temps. Le mien est intact. Pour celui de Christophe, il faut changer  les pneus, les feux et les filtres à air " explique Gérard Perrichot.
 
Samedi, 4 avril en fin après-midi, un feu a embrassé le hangar où deux bolides d'autocross étaient entreposés. L'une des voitures est à Christophe Perrichot, pilote autocross, qui doit concourir le week-end de Pâques à Mauron dans la première étape du Championnat de France. La seconde voiture appartient à Gérard Perrichot, ancien pilote.
" J'ai vu de la fumée noire sortir du hangar, j'ai pensé tout de suite aux véhicules des gars " raconte Denise Perrichot, mère de Gérard et grand-mère de Christophe. " Il se trouve que j'avais le téléphone à la main et j'ai appelé aussitôt les pompiers et Gérard. Il est venu très vite et a sorti les voitures. Heureusement que j'ai téléphoné rapidement parce qu'après on avait plus d'électricité. "
 
Nous avons contacté Gérard ce matin " nous allons commander les pièces brûlées et les changer. Christophe sera donc au départ à Mauron. "
 
 
Au lendemain de l'inscendi, Géraldine Perrichot écrivait sur le site web du Club 45 :
 
"La poisse avant même de commencer! Une semaine avant le début du Championnat, l'atelier du Club 45 est parti en fumée. Le feu s'est déclaré samedi soir, une demi-heure après le départ de l'équipe. Prévenus très rapidement, les pompiers n'ont pas tardé à intervenir. Les deux buggys ont pu être préservés et s'en sortent sans trop de dégâts, malheureusement on ne peut pas en dire autant de l'atelier, du matériel et des outils...
Toute l'équipe du Club 45 tient à remercier vivement les pompiers pour leur professionnalisme et leur rapidité d'intervention, ainsi que les personnes qui ont fait preuve de solidarité suite à cet évènement.
"
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