Le C@rnet du Terroir
Cahier société
 
Mars 2009
 
Dans mon village, il y a mon école
 
Si vous entendez le petit vacarme joyeux qui se répand de l'école vers les ruelles du bourg, c'est que le coeur de votre commune bat.
 
En 1989, une des deux écoles publiques de Brignac ou de Saint-Brieuc de Mauron devait disparaître. Pour sauver ces lieux qui au-delà de leur rôle du service de proximité sont de véritables centres de vie de la commune, une structure nommée Regroupement pédagogique intercommunale ( RPI ) a été créée.
 
Aujourd'hui, aussi bien l'école Marie-Louise Gastard de Brignac que de La Ville aux oies de Saint-Brieuc de Mauron continuent d'exister, d'accueillir et  d'aider les enfants à grandir.
 
Cependant, les nouvelles réformes de l'Éducation Nationale peuvent détruire cet équilibre. Pour en savoir plus cliquez.
 
Comment les enfants évoluent dans ces petites écoles ?
 
Visite à Brignac : au bonheur de ces petits
" Je suis arrivée dans cette école en septembre 1993 " informe Armelle Ridard, professeur d'école et directrice de l'établissement qui reçoit les enfants de la première année de maternelle au CP. Ensuite les enfants continuent d'apprendre dans les classes de CE1 au CM2  auprès de Janik Le Pavec, enseignante et directrice de l'école à Sain-Brieuc de Mauron.
 
 
Armelle a accepté ce poste pour s'approcher de la commune dont elle est originaire : Bédée en Ille-et-Vilaine. L'année suivante, elle espérait repartir dans ce département.
Et effectivement, sa mutation est bien arrivée, toutefois Armelle n'en voulait plus. " Nous étions entrain de mettre en place le réseau avec l'école de Saint-Brieuc de Mauron et Concoret. " C'était en 1994.
 
Ainsi, en plus du RPI, une structure de travail en commun entre trois petites écoles rurales a été mise en place. Elle fonctionne toujours avec beaucoup de dynamisme. Les rencontres entre les écoliers sont organisées régulièrement au cours de l'année scolaire et à chaque fois un projet pédagogique spécifique au réseau les anime.
 
 
Maîtrise des sciences naturelles en poche, Armelle Ridard ouvre la porte de la maternelle aux expériences, observations de la nature et aussi au jardinage.
Le mot : ludique est la clé de cette porte.
 
En 2005, les enfants participent au  projet d'Écoles fleuries, apprendre en jardinant pour un développement durable.
 
Ce projet génère d'autres initiatives : le marché  d'automne en 2006 et celui de Noël, puis en 2007 le marché de printemps.
 
Ces rendez-vous créent une animation appréciable dans ces petites communes de moins de 250 habitants chacune. Ce sont des moments de rencontres entre les parents, les enseignants et aussi d'autres habitants. Les enfants adorent jouer à la marchande. Les bénéfices de ces ventes vont dans les caisses des deux écoles et sont employés pour d'autres projets pédagogiques.
Le jardinage est un moment toujours très attendu par les enfants.
 
Annick Hug, qui depuis 2003, aide Armelle dans l'éducation des enfants le sait. Cette aide maternelle accompagne les enfants au quotidien dans l'ensemble des travaux réalisés à l'école.
 
 
Le jardin scolaire de Brignac de l'année 2007 à 2008, créé dans le cadre d'Écoles fleuries ,  a été remarqué par le jury de ce concours. Il a été primé et sélectionné pour le concours national.
En janvier dernier, quelques enfants de l'école de Brignac sont allés à Paris à la Sorbonne pour recevoir le prix.
  
Voici quelques extraits de cette fabuleuse histoire des jardiniers en herbe.
Cliquez sur l'image et aussi sur les caméras.

 
 
 
 

Les parents soucieux du bon fonctionnement des écoles

Dans les trois écoles du réseau : Brignac, Concoret et Saint-Brieuc de Mauron les parents participent activement à la vie de l'école.
Les uns sont regroupés en Amicale laïque, les autres s'engagent ponctuellement si besoin.

 
 
Dimanche 1er mars, l'Amicale laïque de Saint-Brieuc de Mauron et les deux professeurs de l'école du Regroupement pédagogique ( Brignac et Saint Brieuc de Mauron ) ont organisé un repas, où beaucoup d'habitants de deux communes sont venus. Ainsi, ce rendez-vous est un parfait exemple d'animation que l'école apporte dans les petites communes.
 
Prochainement, dimanche 5 avril, à son tour, la fête aura lieu à Brignac : une kermesse de l'école. Ici également les parents des deux amicales vont s'investir.
 
 
Dans tous les moments, les parents restent solidaires avec les enseignants de leur école.
 
Soucieux des réformes de l'Éducation Nationale menées par l'État dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), les parents se mobilisent régulièrement.
 
Vendredi 6 mars, les représentants des parents d'élèves de l'école du Taureau Bleu de Concoret sont venus au conseil municipal pour alerter les élus.
Ils ont expliqué les différents problèmes que ces réformes peuvent générer dans la petite école en milieu rural.
A savoir :  le projet de création d'Établissements publics d'enseignement primaire (Epep), issu de la loi de décentralisation. Pour exemple : si cette réforme est appliquée, un regroupement des petites écoles sera géré par un Conseil d'administration. Ces administrateurs ne seront pas en majorité issus de l'enseignement.
C'est la porte ouverte à la gestion des écoles comme une entreprise.
En plus, l'enfant peut être forcé de se déplacer de village en village au cours de sa scolarité : aller dans une école pour la classe de CP, dans une autre pour la classe de CE et dans la troisième pour la classe de CM.
Les parents d'élèves ont également relevé le risque que l'école publique soit totalement à la charge des collectivités locales.
Ils ont demandé de rester vigilant sur ces changements et qu'un échange d'informations soit établi entre la municipalité et l'école. Surtout sur le dossier de remplacement prochain d'une enseignante qui partira en congé maternité.
 
Samedi 7 mars, ce sont les parents de l'école de Brignac qui devaient rencontrer le maire pour demander la mise à disposition de locaux pour la Nuit des écoles et l'inviter à la réunion d'information des parents mardi 10 mars à 20h.
 
Lundi 9 les parents d'élèves de Saint-Brieuc de Mauron feront de même auprès du maire. 
 
Ainsi, à l'école de Brignac, un pique- nique convivial  est prévu le 10 mars à 19h pour : parents, enfants et autres habitants. Et à 20h aura lieu un café-informations sur le devenir de l'École où seront présents des parents, des élus, des enseignants de nos écoles et des membres actifs des associations œuvrant pour l'école.
 
 
 
 
La fin des écoles communales ?
 
Mardi 10 mars, les parents d'élèves du Regroupement pédagogique intercommunal de Brignac et de Saint-Brieuc de Mauron se sont retrouvés le soir à la salle annexe de la mairie de Brignac pour comprendre les réformes de l'Éducation Nationale menées par l'État et ces répercussions sur les communes rurales.
Parmi ces réformes, il y a la création d'Établissements publics d'enseignement primaire (Epep). Pour ce faire, il faut qu'une communauté de communes possède treize classes. C'est le cas du pays de Mauron en comptant toutes les classes des écoles publiques des sept communes. Donc, si cette loi est appliquée le service communautaire pourra créer un Epep, qui sera à sa charge. Cette structure sera administrée par un conseil composé en majorité des élus. Pour cette structure un nouveau calcul du nombre des classes sera fait : 25 enfants par classe, ce qui provoquera automatiquement la fermeture de quatre classes.

La question relevée par Charles-Edouard Fichet, maire de Saint-Brieuc de Mauron et vice-président communautaire responsable des finances a été : avec quel argent et par quel moyen humain ? Pour lui " c'est une utopie d'installer l'école sur un territoire plus grand qu'une commune. Les gens qui font ce genre de projet n'ont pas d'enfants. Et surtout n'ont pas d'enfants à Saint-Brieuc de Mauron ou à Brignac. "

 L'école de Brignac accueille les enfants de la maternelle âgées de 2 à 6 ans. Avec les réformes, à terme l'école pourrait devenir obligatoire que dès 5 ans. Les enfants plus jeunes seraient regroupés dans les jardins d'enfants, également à la charge des collectivités, voire pris en mains par les entreprises.
 
A ce sujet, Charles-Edouard Fichet a précisé " le seul intérêt dans ces changements est l'intérêt économique de la disparité locale. L'école, c'est la vitalité de la commune. Ici, nous n'avons pas d'entreprises qui vont développer les crèches qui sont dans leurs intérêts. " Un des parents a ajouté " ces idées de crèches-jardins enfants, c'est le retour à l'époque des mines, où les parents descendaient pour travailler et les enfants étaient à l'école de l'entreprise. Et quand le parent perdait son travail l'enfant perdait l'école. "
 

 
 
 
Lors de cette réunion d'autres problèmes ont été soulevés. " L'enfant n'est plus au cœur de ce système. Les enseignants qui s'opposent sont constamment sanctionnés, on leur retire le salaire. Pour la base élève, la pression continue. Dans le secteur de Ploërmel, huit écoles n'ont pas mis en place ces données. "
 
Avec le nouveau système, les enfants en grande difficulté scolaire, jusqu'à présent, étaient pris en charge par les enseignants spécialisés du réseau Rased. Les enfants de trente écoles sur le secteur entre Malestroit et la Trinité-Porhoët pouvaient compter sur quatre enseignants spécialisés et une psychologue au cours de l'année scolaire 2007 à 2008. Cette année, ils ne sont plus que trois enseignants et l'an prochain deux.
Il est prévu que l'enfant en difficulté ne pourra bénéficier que de l'aide personnalisée proposée par son enseignante habituelle et seulement après l'école, ou les mercredis, voire à l'heure du repas de midi.
 
Une autre question a été posée par un des parents  " qu'est ce qui se cache derrière ces réformes ? Le profit financier, car le marché de l'éducation représente deux fois et demi l'argent de vente des voitures. "  
 
Un livre, présenatant toutes les facettes des réformes menées par l'État vient d'être publié. " Quels sont les résultats réels des multiples réformes lancées ? Les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg livrent leur analyse : c'est raté. "  Lire la suite 

 
 
 
Les projets pédagogiques pour mieux apprendre
 
 
Participer au projet européen Coménius, lire en s'amusant, compter en jardinant, travailler la mémoire et l'habilité en préparant un spectacle ...  
 
Ces derniers jours, nos écoles rurales ont accueilli dans le cadre du projet européen Coménius leurs correspondants.
Les enseignants espagnols et belges ont rendu visite à l'école du Taureau Bleu de Concoret, qui avec les écoles de Saint-Brieuc de Mauron et Brignac, fait partie du réseau de travail pédagogique. Cette école publique, pendant deux ans,  réalisera des échanges avec les écoles de Belgique, d'Espagne et aussi de Tchéquie.
 

 
Saint-Brieuc de Mauron a vécu quelques instants au rythme des élèves et des enseignants d'Irlande du Nord et d'Allemagne. Les visites et les excursions de l'ensemble des élèves ont ponctué ce séjour.
L'année scolaire prochaine et la suivante deux voyages sont en projet : un en Irlande du Nord, le second en Allemagne. A chaque déplacement, les enfants de chacune de ces écoles européennes doivent se rencontrer. 

Quelles langues parlent-ils entre eux  ? La langue des enfants : gestes, grimaces, dessins...
 

Toutefois, les jeunes de Saint-Brieuc de Mauron ont l'immense chance d'apprendre dès le CE1 l'anglais.
En effet, Janik Le Pavec, enseignante et directrice de cette école emploie l'anglais au quotidien. Avec Janik, l'apprentissage de la langue sort de ses carcans encyclopédiques. " Tu veux aller aux toilettes, demande le moi en anglais " voilà pour un petit exemple anecdotique.   
 
Quant aux petits et grands de la maternelle et du CP de Brignac, ils participent tous les deux ans cette fois dans le cadre du Regroupement pédagogique avec Saint-Brieuc de Mauron, au voyage en classe découverte.
 
D'ici le prochain voyage, les enfants sont amenés dans les excursions imaginaires grâce aux histoires contées par Laetitia Salic et Michèle Poirier, animatrices de la médiathèque de la communauté de communes de Mauron en Brocéliande.
 

 
Laetitia et Michèle viennent régulièrement dans les écoles rurales, proposant une animation intitulée Raconte nous une histoire. Avec des outils pédagogiques : tapis magique, minis peluches pour acteurs marionnettes, livres pour scénario, les animatrices emportent les enfants dans les fabuleuses histoires.
 
 
A Concoret, une seconde école privée portant le nom Saint-Laurent fonctionne également.
Depuis le début de l'année scolaire, cette école et l'école Saint-Joseph de Néant-sur-Yvel ont préparé un spectacle autour du cirque. Le spectacle a été donné samedi denier le 28 mars.
Pour ces projets les deux écoles ont été primées au concours du Trophée de la vie locale, organisé chaque année par la caisse locale du Crédit Agricole.
 
 
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